Découvertes exceptionnelles au Musée de Lodève : archives et dessins de Paul Dardé
Nouvelles archives de Paul Dardé au Musée de Lodève

Dans le cadre d’une acquisition de dessins et d’archives de l’artiste Lodévois, le Musée de Lodève est tombé sur des courriers et photos tout aussi extraordinaires qu’inestimables. Cécile Chapelot, chargée des collections Beaux-Arts du musée, n’en revient toujours pas. Depuis l’acquisition de quatre dessins et d’archives de Paul Dardé (1888-1963), elle va de découverte en découverte. Ces documents comprennent des écrits du sculpteur Lodévois qui parlent de Lodève et de son travail d’artiste, ainsi que des photos d’époque de ses créations.

Un fond ayant appartenu à l’avocat André Mars

« Quatre de ses dessins nous ont été proposés à la vente par l’indivision Ollivier, descendant de l’avocat parisien André Mars », raconte Cécile Chapelot. Admirateur de Dardé depuis 1920 et le salon des artistes Français dans lequel était exposé le Grand Faune, André Mars lui commande alors la maquette d’une bague de fiançailles pour sa future épouse au début des années 30. « C’est comme ça que les deux hommes se rencontrent. Celui qui sera son avocat de 1931 à 1936 devient un des souscripteurs qui l’aidera après sa faillite de 1926 ». En lui commandant notamment trois représentations du Petit Poucet pour son fils cette fois. « Dardé rétribuait notamment l’avocat avec des œuvres, dont le dessin du clown Fratellini que nous venons d’acquérir avec ceux du Petit Poucet, poursuit la responsable des collections. On savait qu’il y avait aussi une correspondance et des photographies. Et on a vite compris que nous avions des documents extrêmement précieux ».

Des courriers passionnants

Le musée se retrouve ainsi avec un lot de courriers de 30 pages que Paul Dardé souhaitait envoyer au ministre des affaires des finances, au maire et à l’archiprêtre de Lodève. Il y développe les richesses patrimoniales et le potentiel de sa ville, parlant géologie, archéologie, préhistoire, Moyen-Âge… « On voit son attrait pour le patrimoine et l’intérêt de la culture pour les Lodévois, détaille Cécile Chapelot. Un autre lot porte un regard sur son idéal artistique et plusieurs étapes marquantes de sa vie. Là, c’est lui qui parle de sa vie et de son œuvre. C’est absolument passionnant d’un point de vue scientifique et historique ».

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Sculpteur… Et dessinateur

S’il a laissé son empreinte à Lodève où il a vécu et où il est mort en 1963, Paul Dardé né à Olmet en 1888 n’appartient pas qu’aux Lodévois. « Il est très présent sur le territoire et dans le département de l’Hérault avec ses monuments et ses créations, mais c’est bien de le voir rayonner aussi un peu partout en France et à l’étranger. Ses œuvres se retrouvent à Tokyo, à Chicago, à Paris où à Montpellier », note Aurosi Moreno, la directrice d’un établissement qui consacre tout un parcours intitulé Mémoire de Pierres à un artiste atypique, autodidacte qui a connu son heure de gloire à Paris au début du XXe siècle. Et dont le fameux Grand Faune, star de l’exposition des Artistes Français de 1920 guette le visiteur dans le hall d’entrée du musée. « Au-delà d’être un sculpteur de talent, Dardé était aussi un dessinateur extraordinaire. Nous possédons un fond conséquent de ses dessins, préparatoires pour ses sculptures mais aussi d’illustration car il était passionné par tous les grands textes. Comme Macbeth et les tragédies de Shakespeare », ajoute Cécile Chapelot.

Des photographies uniques

Les archives contenaient également des photos originales de François-Antoine Vizzavona, un photographe influent de l’époque. « Nous avons une qualité, une profondeur de l’image et des annotations de Dardé que l’on suit dans différentes étapes de la réalisation de sculptures, comme la Cheminée monumentale actuellement exposée dans la Halle Dardé de Lodève ». On découvre aussi des œuvres de jeunesse certaines disparues ou d’autres comme l’Éternelle Douleur conservée au Musée d’Orsay à Paris. Ainsi qu’une photo du monument de Jeanne-d’Arc situé boulevard Pasteur à Montpellier, en cours de restauration.

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Une photo unique du monument de Jeanne-d’Arc à Montpellier

« C’est sa toute première commande publique qu’il obtient en 1913, juste avant sa mobilisation pour la 1re Guerre Mondiale. Il la terminera en 1918 malgré des relations difficiles avec le Comité qui lui commande l’œuvre ». Une bergère dont on ne connaissait pas le vrai visage, très dégradé par le temps. Se posait la question de comment le réintégrer. « Dans ce fond photographique, nous sommes tombés sur l’original ou l’on voit Dardé et surtout le profil droit de Jeanne-d’Arc très nettement. Nous l’avons envoyé à la restauratrice Sophie-Jeanne Vidal avec qui nous sommes en contact depuis, et qui était ravie. Pour lui permettre d’enrichir le dossier documentaire de l’œuvre et de faire un choix sur la façon de refaire les volumes du visage. » Une anecdote parmi tant d’autres que révèlent les photos et leurs détails, désormais propriétés du Musée de Lodève.

Exposition à la Nuit des musées

Ces nouvelles archives seront exposées dans le cabinet graphique qui clôture le parcours permanent Mémoire de Pierres dédié à Paul Dardé ce samedi 23 mai, de 18 h à 22 h lors de la Nuit des musées. Accès libre.