Nazanin Pouyandeh : une artiste entre héritage douloureux et combat pour la liberté
Nazanin Pouyandeh, née à Téhéran en 1981, est une peintre iranienne de renommée internationale, réfugiée politique en France. Elle est la fille de Mohammad Jafar Pouyandeh, intellectuel et défenseur des droits de l'homme, assassiné par le régime des mollahs en décembre 1998. Cette tragédie familiale a profondément marqué son parcours et son engagement artistique.
Un parcours artistique remarquable en France
Après avoir fui l'Iran, Nazanin Pouyandeh a étudié aux Beaux-Arts de Paris, où elle a rapidement émergé comme l'une des peintres les plus prometteuses de sa génération. Son talent et sa vision unique lui ont valu une reconnaissance rapide dans le monde de l'art contemporain. Malgré son succès en France, elle reste profondément attachée à son pays natal et à ses luttes.
Un engagement sans faille pour les droits humains en Iran
En 2022, Nazanin Pouyandeh a participé intensément au mouvement de protestation Femme, vie, liberté, déclenché par la mort de l'étudiante kurde Mahsa Jina Amini en détention. Cet engagement reflète son combat continu pour la justice et la liberté en Iran. Elle exprime souvent son inquiétude et son angoisse face aux événements actuels dans son pays d'origine.
À propos de la mort de l'ayatollah Khamenei, elle confie : « Quand Khamenei est mort, je n'ai ressenti aucune émotion. Mes amies m'ont écrit : 'Que la mémoire de ton père soit heureuse aujourd'hui. L'assassin de ton père est mort.' Il est mort, en effet, sans avoir été jugé pour ses crimes, tué par une bombe américaine, avec d'autres. C'est tout ce que je peux en dire. Crier victoire n'aurait aucun sens. »
La répression continue du régime iranien
Les médias ont rapporté des manifestations de joie à Téhéran à l'annonce de la mort de Khamenei, mais Nazanin Pouyandeh souligne que ces rassemblements ont été réprimés par des tirs dans les rues. Des vidéos montrent des soldats armés de kalachnikovs prêts à tirer sur les manifestants, rappelant les violences des 7 et 8 janvier, où près de 80 000 personnes ont perdu la vie. Selon elle, les événements actuels servent de prétexte au régime pour intensifier l'oppression de la population.
Son œuvre, comme sa vie, est un témoignage poignant de la résistance et de l'espoir au milieu de l'adversité. Nazanin Pouyandeh continue d'utiliser son art comme une voix pour dénoncer les injustices et soutenir la lutte pour la liberté en Iran.



