Publicité De sa passion pour le football à Bollywood en passant par la technique de Madame Grès : découvrez le créateur Mossi Traoré au Mucem. Cela paraissait impossible, il l’a fait. Biberonné au football, Mossi Traoré est devenu un créateur de mode reconnu. Son parcours est relaté dans une exposition au Mucem à Marseille.
Un rêve de footballeur devenu réalité mode
Comme souvent à Marseille, l’histoire commence autour de l’OM. Durant son enfance en région parisienne, dans le quartier des Hautes-Noues à Villiers-sur-Marne, Mossi Traoré se rêve footballeur. Des rêves en bleu et blanc, avec Jean-Pierre Papin, Chris Waddle, Basile Boli et compagnie. Mais en grandissant, il prend un autre chemin. Celui de la mode. À 40 ans, il est au cœur d’une exposition présentée au Mucem. Une volonté du musée marseillais de montrer qu’on peut ne pas être un habitué de la haute couture et de ses codes, tout en y trouvant sa place. L’art pour tous, tout comme les musées. « L’idée était de se demander comment démocratiser un petit peu le monde de la culture, celui de l’art ou de la mode. C’est une démarche qui me tient à cœur. L’objectif, c’est d’amener ces univers à ceux qui s’en sont éloignés », confie le styliste.
« Oser, croire en ses rêves »
La commissaire Julia Ferloni-Grandval explique avoir conçu l’exposition « comme un récit. On a voulu raconter qui est Mossi, quelqu’un qui rêve en grand et arrive à ses fins ». Un modèle. Pour entrer dans le vif du sujet, trois pièces iconiques de Mossi Traoré ouvrent l’installation. Une première silhouette arbore un t-shirt estampillé « En mode Mossi ». Qu’est-ce que cela signifie ? « C’est un état d’esprit, pour oser, croire en ses rêves », traduit l’artiste. À côté, une création envoûtante : une robe blanche, avec tout un travail autour du pli. « Ça a été inspiré par Simone Pheulpin, avec qui j’ai collaboré. » Enfin, le troisième look résume « mes couleurs de prédilection, avec un jeu de contrastes entre le noir et le blanc, des superpositions, la symétrie, le tissage, le nouage, le drapé ». Tout un univers condensé en trois silhouettes avant de plonger dans son histoire.
Le football comme source d'inspiration
Le parcours renoue ensuite avec le football. « Cette section montre comment Mossi continue de se nourrir du foot. » Ainsi, le couturier a dessiné une tenue pour son amie, la journaliste Vanessa Le Moigne, avant un shooting dans les travées du Stade Vélodrome. Pour ses créations, il s’inspire des tenues des footballeurs afin d’en détourner les codes et de livrer des pièces de mode.
Shooting au Taj Mahal et Bollywood
Dans son parcours, très vite, Mossi Traoré nourrit des envies d’ailleurs. Il cultive notamment une passion pour l’Inde. « Quand j’étais étudiant, tous mes camarades de promo voulaient habiller Rihanna ou Beyoncé. Moi, je rêvais des actrices de Bollywood. J’ai grandi avec ce cinéma. » Au fil de ses expériences, il travaille pour L’Oréal et concrétise son rêve en réalisant deux créations pour Aishwarya Rai, égérie de la marque, à l’occasion d’un défilé à Paris. Il mène ensuite un autre projet avec la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot, qu’il fait poser lors d’un shooting photo au Taj Mahal.
En France comme en Inde, Mossi Traoré conserve sa vocation sociale. Il collabore ainsi avec une coopérative de femmes spécialisées dans le tissage artisanal. Il utilise notamment un coton tissé à la main pour ses créations. « Ça me plaisait d’aller acheter mes tissus en soutenant des écosystèmes qui participent à l’émancipation de femmes dotées d’un savoir-faire extraordinaire. » Cette pièce traduit ce lien entre artisanat et émancipation en s’inspirant du sari indien. Dans sa scénographie, l’exposition met en scène une reconstitution de l’atelier du couturier où sont accrochées certaines créations de ses différentes collections.
L'héritage Madame Grès
Voilà pour les influences culturelles. Sur le plan plus technique, Mossi Traoré a largement été influencé par Madame Grès, de son vrai nom Germaine Émilie Krebs. Chez elle, il tombe amoureux de la technique du pli. « Pour moi, c’est la plus grande couturière française. Elle avait un savoir-faire magnifique, et ses robes sont intemporelles », témoigne-t-il devant l’une des créations de son aînée. Il a d’ailleurs créé une école de mode avec Josette Thomas, proche de Madame Grès, sous le nom « Les Ateliers d’Alix ». Dans ses collections, le couturier affiche aussi un t-shirt à message : « Je souhaite que les nouvelles générations connaissent mieux Madame Grès que Kim Kardashian. » Un mantra qui pourrait également servir à définir cette exposition présentée sur les murs du Mucem.
Les trois créations iconiques de Mossi Traoré qui ouvrent l’exposition. Mossi Traoré, la mode aussi. Jusqu’au 16 novembre 2026 au Mucem Marseille. Tous les jours sauf le mardi de 10 heures à 19 heures. Tarif normal : 11 euros.



