Maurice Béjart à Nîmes : souvenirs d'un maître visionnaire
Maurice Béjart à Nîmes : souvenirs d'un maître

Le chorégraphe Maurice Béjart a marqué durablement Nîmes et ses artistes, notamment par son passage dans les arènes en 2002. Michèle Lucibello, créatrice de l'école Nemausa danse et ancienne conseillère municipale, se souvient : « On avait appris qu'il préparait un spectacle avec Brel et Barbara. Nous étions partis le voir à Lyon, puis j'ai contacté la compagnie. » La tournée était un succès extraordinaire, selon elle, qui connaissait déjà Béjart car l'une de ses élèves avait été recrutée à Lausanne.

Une journée en garrigue avec le maître

À l'occasion de son passage à Nîmes, Michèle Lucibello avait invité Maurice Béjart à passer une journée chez elle en garrigue. Elle raconte cet épisode dans son récent livre de souvenirs, Tu danseras comme tu veux… ou comme tu peux. « C'était formidable. C'est un souvenir merveilleux. J'ai un immense respect et une grande admiration pour lui. Il a ouvert la danse classique de manière extraordinaire. La majorité de ses ballets est sublime », confie-t-elle.

L'héritage transmis à son fils

Son fils, Rodrigue Calderon, a pris la direction artistique de l'école Nemausa. Ancien coryphée à l'Opéra de Paris, il a dansé plusieurs œuvres de Béjart, participant au Sacre du printemps ou dansant autour de la table pour Bolero. « On commençait avec ses assistants, il venait ensuite », se souvient le danseur. Il a aussi participé à la création du ballet Arepo en 1986, où Béjart était présent tout le temps. « C'était un clin d'œil à l'opéra, où il mélangeait la musique classique et contemporaine. La pièce est un peu oubliée, cela avait été un beau succès », explique-t-il.

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Un regard bleu électrisant et une modernité visionnaire

Rodrigue Calderon garde en mémoire « son regard bleu électrisant ». Il décrit Béjart comme « très gentil, très cultivé, très imprégné des religions d'extrême orient. Il savait ce qu'il voulait, il était très attaché à l'interprétation. Il a ouvert le classique, avec une modernité qui appartenait à son époque, notamment au niveau de la liberté des corps », faisant beaucoup évoluer la place des hommes sur le plateau.

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