Objectif Image met l'anthropocène en lumière à Montpellier
Le club photographique montpelliérain Objectif Image, actif depuis soixante ans rue Charency, présente une exposition percutante intitulée "J'ai Mangé ma terre" à la chapelle de Nazareth dans le quartier d'Aiguelongue. Cette installation, ouverte jusqu'au 26 avril, plonge les visiteurs dans une réflexion profonde sur l'ère de l'anthropocène, où l'activité humaine transforme irrémédiablement la planète.
Un projet de longue haleine né en 2022
François Salgas, président d'Objectif Image, explique les origines du projet : "En 2022, lors d'une discussion au club sur les questions environnementales, quelqu'un a évoqué le terme anthropocène. Avec Daniel Bieysse, nous avons immédiatement senti le potentiel photographique de ce sujet." Vingt photographes se sont engagés dans cette aventure, organisant des réunions pour éviter les clichés habituels de décharges ou de pollution visible. Après deux ans de travail, ils ont opté pour une approche nuancée, présentant la dégradation planétaire sans tomber dans le misérabilisme.
Une exposition structurée en dix-neuf volets
L'exposition se déploie en dix-neuf sections, offrant un parcours immersif qui évoque un chemin de croix moderne pour l'humanité. Les images, souvent dérangeantes, dressent un constat sans concession de la maltraitance infligée à la Terre : disparition d'espèces, transformation des sols, industrialisation effrénée et surconsommation. Serge Radiu souligne : "Nous voulions montrer ce quotidien devenu invisible à l'œil, cette transformation incessante pour satisfaire les désirs humains, parfois jusqu'au mortifère."
Des colonnes photographiques comme sabliers de l'évolution
Dès l'entrée, des colonnes photographiques de cinq mètres de haut, installées dans la nef de la chapelle désacralisée, captent l'attention. Elles symbolisent un sablier accéléré de l'évolution terrestre sous l'empreinte humaine, explorant les quatre éléments : l'eau, le végétal, la pierre et l'animal. Des plages de Montpellier aux forêts primaires, en passant par le terril alésien ou le rougier du Salagou, ces images condensent les pires impacts, tout en laissant entrevoir d'autres possibles.
Une invitation à la réflexion et à l'action
Les photographes refusent le pessimisme absolu et interrogent le visiteur sur sa propre responsabilité. Daniel Bieysse ajoute : "L'exposition instille une forme de honte prégnante, surtout face aux images familières de notre environnement proche. Mais elle ouvre aussi des pistes pour agir, même à une échelle modeste." Accessible gratuitement du jeudi au dimanche de 14h à 18h30, cette exposition vise à sensibiliser un large public aux enjeux environnementaux cruciaux de notre époque.



