Damien Leclere, commissaire-priseur de Rossini, offre des estimations gratuites aux particuliers
Estimations gratuites par un commissaire-priseur de Rossini

Damien Leclere, commissaire-priseur de Rossini, offre des estimations gratuites aux particuliers

Le coup de marteau final résonne, marquant l'adjudication d'un objet précieux. Ce rituel quotidien dans les salles des ventes parisiennes comme Drouot précède une longue préparation. Chaque pièce, qu'elle soit ancienne ou simplement belle, doit être expertisée, authentifiée et estimée avec minutie avant de monter sur l'estrade. Mais comment savoir si le tableau oublié au grenier ou le bijou hérité a une valeur sur le marché de l'art ? La réponse réside dans l'œil expert d'un commissaire-priseur.

Des rendez-vous gratuits à travers la France

Damien Leclere, commissaire-priseur pour la prestigieuse maison de ventes aux enchères Rossini à Paris, propose justement des estimations gratuites aux particuliers. Il organise régulièrement des tournées de plusieurs jours dans différentes villes françaises et se déplace même à domicile pour se rapprocher des clients. Récemment, il a installé son bureau éphémère à Brignoles, où dès 14 heures, le hall de l'hôtel Ibis s'est transformé en une salle d'attente remplie de cartons, de petites boîtes et de valises, tous supposés contenir des trésors.

Les objets, du plus petit au plus insolite, sont manipulés et estimés un par un. « Au moins, on sera fixé », murmure un couple en déposant des pièces de monnaie en or sur la table. Comme eux, de nombreuses personnes défilent à un rythme soutenu, espérant découvrir la valeur cachée de leurs possessions.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des découvertes variées : du sabre ottoman aux archives historiques

Le premier vendeur présente délicatement un service en porcelaine. Damien Leclere analyse : « Ce sont des choses un peu compliquées à vendre, même si le vôtre est assez ancien. Je vérifie sur notre site de vente… Malheureusement, il y a un déficit d'intérêt. » En revanche, un chineur a plus de chance avec un sabre authentique. « Un pala ottoman du XVIIIe siècle, m'indique notre expert en armes. Une belle pièce qui peut nous intéresser pour nos salles de vente », explique le commissaire-priseur, promettant de rester en contact.

Aurore, 80 ans, souhaite faire de la place parmi les affaires héritées de ses parents. Elle apporte trois petites statues en jade et une autre en ivoire apparent. Après les avoir soupesées et examinées à la loupe, Damien Leclere annonce : « Ce n'est pas du jade, ni de l'ivoire. De toute façon, on ne peut pas vendre des objets en ivoire sans certificat des douanes, très difficile à obtenir, d'autant que la législation s'est durcie il y a quelques années. » Déçue, Aurore décide de garder ces « babioles » pour ses petits-enfants.

Carine, quant à elle, tire une petite valise remplie d'archives exceptionnelles. « Mon grand-père était un ami de Henri-Paul Gassier, fondateur du Canard enchaîné. J'ai des articles de journaux, des correspondances, des affiches du début du XIXe siècle, des menus de l'Académie Rabelais », présente-t-elle. Damien Leclere, impressionné, feuillette l'album de cartes parfaitement conservées : « Ce sont des archives intéressantes, un morceau de l'histoire du journalisme. Pour l'estimer correctement, il faudra que nos experts y passent du temps. C'est un beau témoignage de l'histoire contemporaine. »

Bijoux et histoires intimes

Claire dévoile les bijoux de sa grand-mère, « la femme aux bijoux », comme on l'appelait. Elle montre ses doigts parés de bagues anciennes, pas toujours faciles à porter aujourd'hui mais potentiellement intéressantes pour des collectionneurs. « Si le but est de trouver un trésor, on ne sait jamais sur quoi on va tomber », glisse Damien Leclere.

Beaucoup viennent pour des estimations, motivés par un regain d'intérêt pour les brocantes. « On essaie de renseigner chaque personne. On explique aussi comment fonctionne le marché de l'art, la cote d'un artiste », précise le commissaire-priseur. En quelques heures, il parcourt un pan de l'histoire familiale d'inconnus, remontant le temps à travers des objets d'art hérités ou chinés.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Lorsqu'un objet est retenu pour la vente, un prix de réserve est fixé dans le mandat. Après adjudication, 20 % de frais sont déduits, couvrant le transport jusqu'à Paris (et le retour si invendu), l'expertise par un spécialiste, et la mise en valeur sur le site ou dans un catalogue.