Les squelettes de dinosaures, nouvelle passion des enchères pour ultra-riches
Dinosaures : les fossiles, nouvelle folie des enchères mondiales

La folie des enchères pour les squelettes de dinosaures

Dans les salles de ventes prestigieuses de New York, Chicago, Londres ou Paris, une nouvelle tendance émerge : les squelettes de dinosaures font l'objet d'enchères frénétiques, atteignant des sommes astronomiques. Un spécimen en bon état peut désormais surpasser la valeur marchande d'une œuvre de Cézanne ou même de certains Picasso, témoignant d'un marché en pleine expansion.

Une enquête approfondie sur trois ans

La journaliste Pauline Lallement a consacré trois années à investiguer ce phénomène à travers sept continents. Son travail, compilé dans la série de portraits Jurassic Fric publiée mi-mars par les éditions Flammarion, dévoile les dessous de cette quête réservée aux ultra-riches. Elle y documente des transactions spectaculaires, mettant en lumière la passion dévorante de collectionneurs fortunés pour ces reliques préhistoriques.

Des acquisitions pharaoniques

Parmi les exemples marquants, un crâne de tricératops vieux de 66 millions d'années a été vendu 170 000 euros en 2017. L'acquéreur, un riche Asiatique, a réglé immédiatement par carte de crédit, illustrant la fluidité des transactions. En 2020, un milliardaire européen de 43 ans a acheté Big Sara, un carnivore bipède, pour l'installer dans une galerie commerciale du Dorset. Positionné gueule ouverte face au restaurant Five Guys, l'attraction a même boosté les ventes de burgers, démontrant l'impact inattendu de ces acquisitions.

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Les acteurs de ce marché insolite

Ralph Wunsch, fondateur d'une start-up de coupons de réductions aux Philippines et richissime à 23 ans, a acquis en 2018 chez Drouot un diplodocus et un allosaure pour 3 millions d'euros. Le lot trône désormais au 39e étage de son immeuble à Manille, nécessitant un salon particulièrement spacieux. De son côté, le marchand de fossiles Walter Stein, basé dans le Dakota du Sud, a mis sur le marché Big John, un tricératops de la taille d'un éléphant, dont le squelette est complet à 60%.

Des expositions et ventes record

Big John a d'abord été exposé dans une galerie du Marais à Paris, où les clients appréciaient de dîner à ses pieds, avant d'être vendu chez Drouot pour 6,6 millions d'euros, après démontage de ses portes. En décembre 2020, la salle de ventes Christie's a proposé Stan, un T.Rex au crâne exceptionnellement bien préservé, aux côtés de toiles de Twombly, Picasso et Pollock. Stan a été adjugé pour 27 millions de dollars, révélant plus tard avoir été acquis par le ministère du tourisme et de la culture d'Abu Dabi pour son futur musée d'histoire naturelle.

Ce marché des fossiles, autrefois niche, est devenu un terrain de jeu pour les collectionneurs les plus aisés, redéfinissant les frontières entre paléontologie, art et investissement de prestige.

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