Bruno Barbey, pionnier de la couleur en photojournalisme, exposé à La Seyne-sur-Mer
Bruno Barbey, pionnier de la couleur exposé à La Seyne

Bruno Barbey, une rétrospective magistrale à la Villa Tamaris

La Villa Tamaris à La Seyne-sur-Mer accueille une exposition hommage à Bruno Barbey, photographe emblématique du XXe siècle, du 28 mars au 7 juin 2026. Cette rétrospective, intitulée « Bruno Barbey, visions du monde », présente plus de 200 tirages qui retracent le parcours de ce précurseur de la couleur dans le photojournalisme, tout en mettant en lumière ses séries en noir et blanc devenues iconiques.

Un voyage à travers l'œuvre d'un globe-trotter

Bruno Barbey, né au Maroc en 1941 et décédé en 2020, a marqué l'histoire de la photographie humaniste par son approche innovante. Membre de l'agence Magnum Photos dès 1966, il a parcouru le monde pendant plus de cinquante ans, capturant des moments clés de l'actualité internationale. L'exposition explore ses premiers clichés couleur réalisés au Brésil dans les années 1970, ainsi que ses reportages dans des zones de conflit comme le Vietnam, la Chine pendant la révolution culturelle, et la Pologne au début du mouvement Solidarnosc.

Cyril Bruneau, directeur artistique de la Villa Tamaris, souligne l'impact de Barbey : « Bruno Barbey est un mythe, il a inspiré des générations de photographes en démontrant que la couleur pouvait être qualitative, ouvrant ainsi une nouvelle voie artistique. »

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Les séries emblématiques : Mai 68 et Les Italiens

L'exposition accorde une place particulière à deux séries majeures en noir et blanc. « Mai 68 » immortalise les événements parisiens avec des images devenues symboliques, tandis que « Les Italiens », inspirée du livre Les Américains de Robert Frank, offre un portrait kaléidoscopique de l'Italie des années 1960. Caroline Thiénot-Barbey, épouse du photographe et commissaire d'exposition, raconte que Barbey a réalisé cette série pendant ses études en Suisse, s'échappant chaque week-end en Italie pour capturer ces clichés.

Cyril Bruneau ajoute : « Cette fresque italienne est devenue un mythe dans l'histoire de la photographie, au même titre que Les Gitans de Koudelka ou Les Américains de Robert Frank. »

La couleur comme langage et témoignage des conflits

Influencé par la lumière et les couleurs du Maroc, son pays natal, Bruno Barbey a fait de la couleur un élément central de son travail. Sa fille, Aurélie Barbey, architecte et scénographe de l'exposition, témoigne : « Mon père avait besoin de se baigner de lumière et voulait documenter les savoir-faire millénaires du Maroc. » L'exposition présente également des images rares de conflits internationaux, comme les champs pétroliers du Koweït en 1991 ou le Cambodge en 1973, où Barbey a toujours privilégié une photographie d'auteur sans sensationnalisme.

Des documentaires réalisés par Caroline Thiénot-Barbey, dont Le Pouvoir et la Croix, complètent le parcours, offrant un regard approfondi sur son œuvre. L'exposition est gratuite et ouverte du mercredi au dimanche de 13h30 à 18h30, invitant le public à redécouvrir cette figure majeure de la photographie.

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