Une semaine culturelle intense à Bordeaux et sa région
Cette semaine, la scène culturelle bordelaise et ses alentours offrent une escapade artistique riche entre poésie, mémoire collective et expérimentation créative. Des installations monumentales aux recherches sur le logement, en passant par la réinvention du bijou et la photographie maritime, plusieurs expositions majeures ouvrent leurs portes, invitant le public à des expériences sensibles et participatives.
Trevor Yeung : un sanctuaire pour soleils déchus au CAPC
L'artiste hongkongais Trevor Yeung investit la nef du CAPC avec « Jardin des neuf soleils », une installation poétique inspirée d'un mythe chinois ancien. Dans cette légende, dix soleils apparaissaient chaque jour jusqu'à ce qu'un archer n'en laisse qu'un seul. Yeung propose un sanctuaire aux astres déchus, créant un environnement immersif baigné de lumière verte.
Au cœur de l'espace, une structure monumentale en échafaudage métallique s'élève, que les visiteurs peuvent gravir et parcourir. L'œuvre évolue grâce à la participation collective : chacun est invité à accrocher un ruban coloré à l'ossature, formant progressivement un arc-en-ciel vibrant qui matérialise les vœux et les espoirs des participants.
Vernissage le jeudi 2 avril à 19 heures. Exposition visible jusqu'au 20 septembre au CAPC, 7 rue Ferrère à Bordeaux. Ouvert du mardi au dimanche de 11 heures à 18 heures. Tarifs de 4,50 à 8 euros.
Nami Gradolí Giner : explorer les vulnérabilités du logement
À Arc en rêve, l'architecte-chercheuse Nami Gradolí Giner présente « Descendra-t-elle aujourd'hui ? », une exposition-résidence soutenue par la plateforme européenne LINA. Son travail explore comment les logements anciens, notamment ceux construits après-guerre, font face aux défis contemporains :
- Le vieillissement de la population
- Les problèmes d'accessibilité
- Les risques climatiques croissants
À travers des films, des recherches de terrain et des rencontres, elle documente le quotidien d'Isabel, 71 ans à Barcelone, dont le mari ne peut plus descendre les escaliers, et de Dodo, 87 ans à Tbilissi, vivant dans une khrouchtchevka des années 1960 symbolisant les défis du logement post-soviétique.
Exposition du 31 mars au 26 avril à la galerie blanche d'Arc en rêve, 7 rue Ferrère à Bordeaux. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 11 heures à 18 heures. Tarifs de 4,50 à 8 euros.
Radical Romantics : les bijoux réinventés par les Beaux-Arts
BAM projects dévoile le travail de 18 étudiants de l'école des beaux-arts de Bordeaux (Ebabx) autour du bijou, dans le cadre d'un workshop encadré par Franck Houndégla, Malak Mebkhout et Sébastien Vonier. Intitulée « Radical Romantics », cette exposition explore les multiples facettes de l'ornementation corporelle.
Chaque pièce, créée avec économie de moyens et grande créativité, interroge le rapport au corps et à l'autre :
- Objets de séduction ou outils de déstabilisation
- Utilisation de techniques variées : fonte, impression 3D, collage
- Exploration des limites entre ornement et expression artistique
Vernissage le mardi 31 mars de 18 heures à 21 heures. Exposition visible les mercredi 1er et jeudi 2 avril de 14 à 18 heures en présence des étudiants. Entrée libre à BAM projects, 47 rue Lombard à Bordeaux.
Clément Perret : poésie maritime à Arcachon
Au Théâtre Olympia d'Arcachon, l'exposition « Étraves fluides » présente le travail photographique de Clément Perret. Après vingt ans en mer comme officier et capitaine au long cours, notamment sur le célèbre trois-mâts « Belem », Perret transpose son expérience maritime dans des images d'une grande sensibilité.
L'exposition réunit des photographies de proues de bateaux et des compositions abstraites captant le mouvement et la fluidité de l'eau. Ces œuvres créent une rencontre poétique autour de la navigation, transmettant l'essence même de l'expérience maritime.
Exposition du 31 mars au 30 avril au Théâtre Olympia, 21 avenue du Général-de-Gaulle à Arcachon. Entrée libre du lundi au vendredi, de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 18 heures.
Root'arts : les strates de la mémoire à Bègles
La Maison RêVée, tiers-lieu dédié au zéro déchet et à l'économie circulaire à Bègles, accueille le second volet de l'exposition du collectif Root'arts intitulée « Les stratigraphies de la mémoire ». Cette présentation met à l'honneur le graveur bolivien Carlos Cordero Montiel, entouré d'artistes aquitains :
- Thierry Audibert
- Séverine Bord
- Éric Couillandreau
- Dominik Lobera
- Florent Lucéa
Leurs œuvres explorent les différentes couches de la mémoire – personnelle, plurielle et collective – à travers des jeux de matière et de texture. Strates géologiques et souvenirs s'entremêlent dans des créations qui dialoguent entre elles, créant un paysage mémoriel riche et complexe.
Exposition jusqu'au 30 mai à la Maison RêVée, rue Louis-Blériot à Bègles. Entrée libre du mardi au vendredi de 10 à 18 heures, et le samedi de 10h30 à 18h30.



