André Cervera illumine le musée Paul-Valéry avec une exposition foisonnante
Le musée Paul-Valéry à Sète accueille jusqu'au 7 juin une rétrospective captivante du peintre sétois André Cervera, intitulée "Carambolages". Cette exposition, la troisième de l'artiste dans cette institution après des collaborations en 2018 et 2005, dévoile 37 œuvres produites entre 2024 et 2025, offrant un voyage sensoriel à travers décennies de création.
Un dialogue pictural explosif et généreux
L'œuvre d'André Cervera ne se contente pas de parler ; elle engage une conversation riche et spontanée. Mêlant érudition, drôlerie et sensibilité, ses toiles semblent éclater dans toutes les directions, mais révèlent une cohérence profonde dans leur liberté. "Quand une toile d'André Cervera est partie, on se tait, et on se régale", souligne l'exposition, mettant en avant un style qualifié de raffut pictural par les organisateurs.
Un autoportrait en trois chapitres : mémoire, voyages et réinterprétations
L'exposition se structure en trois parties distinctes, formant un autoportrait chapitré de l'artiste :
- "Fictions de Sète" : Cette section plonge dans les souvenirs d'enfance et de jeunesse de Cervera, entre les années 60 et 80. Elle évoque des lieux emblématiques comme le canal, le quai, ou la "rue des fous", mêlant réalité et imaginaire pour célébrer le quotidien extraordinaire.
- "Territoires de l'imaginaire" : Influencé par ses voyages au Sénégal, au Mali, en Inde et en Chine, Cervera explore ici comment d'autres cultures enrichissent son art. Il utilise des techniques innovantes, comme l'intégration de tissus chamarrés ou la bombe aérosol, créant des effets sculpturaux et fantomatiques.
- "Peintures d'histoires" : Le dernier chapitre réinterprète des chefs-d'œuvre de maîtres tels que Géricault, Goya et Brueghel, injectant une énergie contemporaine et sétoise dans ces classiques.
Une vision artistique ancrée dans la créolisation
André Cervera décrit son approche comme une créolisation, où la collision de cultures, d'histoires et de techniques génère de nouveaux récits universels. "Ce qui m'intéresse, c'est de capter le moment où le quotidien dérape, le pas de côté", explique-t-il, rejetant toute nostalgie au profit d'une célébration vibrante de la vie.
Camille Bertrand-Hardy, directrice du musée, note que cette exposition permet à l'artiste de poser un regard rétrospectif sur son travail tout en ouvrant de nouvelles pistes. Avec ses grands formats et sa profusion de couleurs, "Carambolages" invite les visiteurs à prendre leur temps pour s'immerger dans un univers pictural débordant d'énergie et de générosité.



