Un écrivain français a découvert avec stupeur qu'un livre publié sous son nom avait été entièrement généré par une intelligence artificielle, sans qu'il en ait jamais eu connaissance. Cette affaire, révélée par l'auteur lui-même sur les réseaux sociaux, met en lumière les risques croissants d'usurpation d'identité dans le monde de l'édition à l'ère de l'IA.
Une découverte fortuite
L'écrivain, qui a requis l'anonymat par crainte de représailles, a raconté avoir été alerté par un lecteur qui avait acheté l'ouvrage sur une plateforme en ligne. Intrigué, il a commandé un exemplaire et a constaté que le texte, bien que portant son nom et sa photo, était un ramassis de phrases sans cohérence, typique des productions de l'IA générative. « C'était un choc, explique-t-il. Mon nom était utilisé pour vendre un livre que je n'avais jamais écrit, et le contenu était d'une qualité médiocre, mais suffisamment convaincant pour tromper un acheteur non averti. »
Les mécanismes de l'arnaque
Selon les premières investigations, l'usurpateur aurait utilisé un logiciel d'IA pour générer un texte sur un sujet populaire, puis aurait créé une fausse page d'auteur sur une plateforme d'auto-édition. En quelques clics, le livre était disponible à la vente, avec un prix attractif de 9,99 euros. L'éditeur légitime de l'écrivain a déposé une plainte pour contrefaçon et usurpation d'identité. « Ces pratiques sont de plus en plus fréquentes, déplore Me Dupont, avocat spécialisé en propriété intellectuelle. Les plateformes doivent renforcer leurs contrôles pour vérifier l'identité des auteurs. »
Un phénomène en pleine expansion
Cette affaire n'est pas isolée. Une étude récente de l'Association des éditeurs indépendants estime que près de 5 % des livres auto-édités sur certaines plateformes pourraient être générés par IA et attribués à des auteurs réels sans leur consentement. Les écrivains les plus exposés sont ceux qui ont une certaine notoriété, mais pas assez pour que leur entourage éditorial soit constamment vigilant. « C'est une forme de harcèlement numérique, ajoute l'écrivain victime. Mon travail et ma réputation sont utilisés pour vendre un produit de mauvaise qualité. »
Les réponses juridiques et technologiques
Face à cette menace, des solutions commencent à émerger. Certaines plateformes d'auto-édition testent des systèmes de vérification d'identité par vidéo ou par signature numérique. Par ailleurs, le ministère de la Culture a annoncé la mise en place d'un groupe de travail sur l'IA et la propriété intellectuelle, avec pour objectif de proposer des modifications législatives d'ici fin 2026. « Il faut adapter notre droit à ces nouvelles réalités, a déclaré un porte-parole. L'usurpation d'identité littéraire doit être punie aussi sévèrement que le plagiat traditionnel. »
Des conséquences pour les lecteurs
Les lecteurs sont également victimes de ces pratiques. En achetant un livre frauduleux, ils se retrouvent avec un contenu de faible qualité et peuvent perdre confiance dans les plateformes. « J'ai été déçu, confie un acheteur. J'admire cet auteur, et je me suis senti trahi. » Les experts recommandent aux consommateurs de vérifier la légitimité d'un ouvrage en consultant le site officiel de l'éditeur ou en contactant directement l'auteur via ses réseaux sociaux vérifiés.
L'écrivain victime espère que son histoire servira de leçon. « Je veux que les auteurs soient conscients de ce risque et que les plateformes agissent. Nous ne pouvons pas laisser l'IA détruire la confiance dans la création littéraire. »



