L'orchestre des carabiniers du Prince fête ses 60 ans
Orchestre des carabiniers du Prince : 60 ans d'histoire

L'orchestre des carabiniers du Prince de Monaco célèbre cette année son 60e anniversaire. La formation musicale, créée en 1966, a été officialisée sous l'impulsion du prince Rainier III et de la princesse Grace. Elle compte aujourd'hui 22 musiciens et se produit dans le monde entier pour représenter la Principauté.

Des origines plus anciennes et une professionnalisation en 1966

Si la formation fête ses 60 ans, ses origines remontent plus loin. Une première formation de 18 musiciens avait été créée par le prince Albert Ier, avant d'être dissoute trois ans plus tard. « Avant 1966, nous n'étions pas professionnalisés, retrace le Major Olivier Drean, chef de l'orchestre depuis 2013. L'effectif était très fluctuant. »

En 1966, le prince Rainier III et la princesse Grace ont souhaité officialiser l'élément musical de l'époque, qui se résumait à deux ou trois clairons et quelques tambours. « Ce n'était même pas encore une clique. La garde princière, comme on l'appelait à l'époque, a bénéficié de l'apport d'anciens militaires français. C'étaient des hommes qui revenaient de l'Indochine et qui se sont engagés chez les carabiniers. Le couple princier voulait que cet ensemble sonne mieux, soit plus fiable, plus efficace et qu'on entre dans une nouvelle dynamique pour recevoir des chefs d'États étrangers pour créer des cérémonies qui tenaient la route », explique le Major Drean.

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La création des sonneries militaires monégasques

L'objectif était aussi de créer un répertoire militaire qui n'existait pas jusque-là. Jusqu'en 1966, les sonneries jouées lors des cérémonies officielles étaient celles de l'armée française. Le Souverain a demandé à Pierre Naudin, timbalier solo de l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, de créer le répertoire militaire musical monégasque. « C'est ainsi qu'ont été créées la relève de la garde ou "Aux honneurs", qui est jouée au moment d'accueillir le Souverain lors de cérémonies au Palais princier. Idem pour "Garde à vous" ou "Ouvrez le ban" », précise le Major Drean.

À l'époque, la formation s'appelait encore « clique » et ses membres la rejoignaient sur la base du volontariat. Pierre Naudin, également professeur de percussion à l'académie Rainier-III, donnait des cours chaque matin de 7 h 30 à 8 h 40 aux carabiniers volontaires qui avaient monté la garde toute la nuit. Il leur a appris à lire le solfège et toute la technique, dans des lieux comme l'actuel parking des Pêcheurs ou le jardin Saint-Martin.

De la clique à la fanfare puis à l'orchestre

En mars 1966, le prince Rainier III a demandé à Pierre Naudin de faire jouer la clique lors de la Fête nationale de la même année. « C'est devenu la première restitution publique, glisse le Major Drean. Grâce au meilleur clairon du groupe, il a réussi à produire la première sonnerie militaire qu'il venait de composer. » Pierre Naudin a ensuite été épaulé par Alfred Guaitolini, trompettiste à l'Orchestre philharmonique.

En 1977, le prince Rainier III a suggéré de développer le groupe de dix musiciens (quatre tambours et six clairons). « C'est à ce moment-là que la clique est devenue une fanfare. Avec des bugles, des instruments avec des pistons, un tuba. Le groupe s'est étoffé et on a pu non seulement jouer des sonneries mais aussi un hymne, ce qui n'était pas le cas auparavant », raconte le Major Drean.

Pierre Naudin, très sollicité, a fait appel à l'Adjudant-chef Jean-Pierre Butin, alors adjoint de la musique des parachutistes de Pau. Ce dernier est arrivé en 1978 comme premier chef de la fanfare des carabiniers du Prince et est resté en poste jusqu'en 2004, avant d'être remplacé par le Major Christian Escaffre. Aujourd'hui, l'orchestre des carabiniers du Prince compte 22 musiciens et continue de se produire localement et à l'étranger pour représenter la Principauté.

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