Elyot Blain, un jeune Frontignanais de 21 ans, a décroché la médaille d'or au concours des Meilleurs Apprentis de France dans la catégorie lapidaire – pierres de couleur. La nouvelle, annoncée mi-juin, l'a profondément marqué. « Cela fait un choc d’apprendre que l’on est arrivé premier dans sa catégorie et meilleur apprenti de France », confie-t-il, encore sous le choc. C'est la réception de sa médaille à domicile, accompagnée du détail de ses notes, qui devrait le convaincre pleinement.
Un parcours inattendu vers la taille de pierres précieuses
Rien ne prédestinait Elyot Blain à tailler des pierres précieuses. Titulaire d'un bac pro chaudronnerie, il ne s'y épanouissait pas. Sa réorientation s'est imposée, mais sans direction précise. Le déclic est venu lors d'un essai dans une entreprise spécialisée dans le lapidaire. « Passer d’une pierre brute à une pierre taillée qui sera ensuite sertie sur un bijou, c’est juste génial », s'enthousiasme-t-il. Il a alors enchaîné avec un CAP lapidaire en alternance, d'abord à Montpellier, puis à Agde, complété par un brevet professionnel en gemmologie qu'il terminera l'an prochain.
45 heures de travail pour une pièce d'exception
Pour le concours national, Elyot a dû tailler des rubis synthétiques et les ajuster sur une monture en forme de flèche imposée. Au total, il a passé 45 heures à insérer huit pierres facettées, trois pierres suiffées et une dernière taillée en cabochon. « J’ai eu quelques ratés au départ, car les pierres taillées étaient trop petites et donc difficiles à fixer dans la monture. J’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises avant d’y parvenir », raconte-t-il. Ce métier de précision exige une vue excellente, de la patience, de la minutie et une concentration constante. « À un millimètre près, c’est foutu. Le moindre choc peut aussi rayer la pierre. Il faut donc s’adapter à chacune d’elles », explique-t-il consciencieusement.
Une passion pour les pierres de couleur
Saphir, émeraude, rubis, onyx, tanzanite, tourmaline, tsavorite, aigue-marine… Elyot imagine déjà les tailler en forme ovale, ronde, carrée, en cabochon ou trapèze, mais avoue une préférence pour l'émeraude en raison de son vert intense. Le diamant, en revanche, ne le fait pas rêver. « Cette pierre est incolore, sans rien de particulier et n’a aucun charme pour moi », tranche-t-il. Le jeune homme, qui se dit patient de nature, a appris à l'être encore plus et à s'organiser, ce qui n'était pas le cas auparavant.
Perspectives d'avenir
Elyot Blain envisage de poursuivre avec un CAP en bijouterie joaillerie, avec l'ambition, après plusieurs années d'expérience, de tenter sa chance à Paris ou en Suisse, dans des entreprises plus prestigieuses. En attendant, il observe sous toutes les coutures sa dernière acquisition, une émeraude achetée lors d'une bourse des minéraux, qu'il s'apprête à tailler avec appétit.



