Martin Chénot, nouveau directeur de l'Ensam, dévoile ses ambitions pour l'architecture montpelliéraine
Nouveau directeur de l'Ensam dévoile ses priorités pour l'architecture

Un nouveau directeur pour l'École nationale supérieure d'architecture de Montpellier

Martin Chénot a officiellement pris ses fonctions à la tête de l'École nationale supérieure d'architecture de Montpellier (Ensam) depuis le 1er mars. Cet architecte et urbaniste de formation, ancien directeur des écoles de Saint-Étienne et Bordeaux, succède à ses prédécesseurs avec une vision claire pour l'avenir de l'institution montpelliéraine.

Découverte de Montpellier et spécificités de l'Ensam

« Je découvre une ville méditerranéenne très agréable à vivre, ouverte et vivante », confie Martin Chénot. « La vie culturelle est riche et l'actualité architecturale aussi. C'est une ville dynamique bien inscrite dans son territoire. »

Le nouveau directeur souligne trois atouts majeurs de l'Ensam : la qualité des espaces de travail pour les étudiants avec des ateliers maquettes, numérique et impression, la vie associative étudiante particulièrement développée, et l'excellence de l'équipe pédagogique et administrative.

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« Son positionnement géographique constitue sa singularité méridionale », explique-t-il. « C'est la relation entre l'architecture et le climat méditerranéen, l'architecture et la santé, et la rénovation. Voilà les trois thématiques rattachées à l'établissement que je compte bien poursuivre et défendre. »

Trois grands projets pour l'avenir

Martin Chénot dévoile ses ambitions pour l'école autour de trois axes principaux :

  1. Conforter les thématiques méditerranéennes spécifiques à l'établissement
  2. Approfondir le rapprochement avec l'Université dans l'objectif de créer un grand établissement
  3. Réussir le projet d'annexion du Collège des Écossais

« Tout ceci au service d'une ambition plus globale : renforcer le rayonnement international de l'école et son assise sur le territoire », précise-t-il.

Sélection des étudiants et vision pédagogique

L'Ensam reçoit entre 3 500 et 4 000 candidatures pour seulement 120 places disponibles. La sélection se fait en deux phases : une première admissibilité sur dossier, suivie d'auditions pour environ 600 candidats.

« On attend chez les candidats de la curiosité dans tous les domaines », indique le directeur. « En architecture, on s'intéresse tant à l'ingénierie qu'aux sciences humaines, l'histoire, l'art, le dessin... On cherche plutôt des personnalités qu'un profil type. »

Travailler avec les jeunes représente pour Martin Chénot une source constante de motivation : « Il y a de l'énergie, du vivant, du désir. Une école c'est toujours des surprises. L'école est un accélérateur des possibles. »

Il insiste sur la dimension citoyenne de l'enseignement architectural : « L'architecture est une école de la citoyenneté. On transmet aussi des valeurs autour de la vie en communauté, la gouvernance, la participation aux instances... »

Collaborations institutionnelles et projets concrets

L'Ensam participe au Consortium Miranda avec l'Université Paul-Valéry, un rapprochement institutionnel qui prévoit la création d'un Établissement public expérimental. « On garde notre autonomie, ce n'est pas une fusion », rassure Martin Chénot.

Miranda est un programme de recherche sur la création qui associe l'École d'arts dramatiques et les Beaux-Arts. « Ce programme nous permet de nourrir une réflexion sur l'assise scientifique de la discipline architecture », explique le directeur, évoquant notamment les enjeux du doctorat en architecture.

Le projet phare : le Collège des Écossais

La réhabilitation du Collège des Écossais constitue un projet majeur pour l'Ensam. Géré par le Rectorat, le site devrait faire l'objet d'une convention de changement d'attribution à l'automne.

« On a lancé un processus d'appel à idées auprès de trois équipes d'architectes et de paysagistes pour une mission de faisabilité et propositions », détaille Martin Chénot. « C'est un lieu fondateur dans l'histoire de l'urbanisme. Patrick Geddes a été précurseur dans le domaine de l'urbanisme contemporain. »

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Le parc du Collège, qui s'étend sur 3,5 hectares, pourrait à terme s'ouvrir au public. « Oui, c'est un objectif qu'on partage à la Métropole. Le but est d'en faire un pôle attractif pour le grand public », confirme le directeur.

Contexte professionnel et insertion des diplômés

Dans un contexte de crise immobilière, Martin Chénot reconnaît que « la période est compliquée depuis environ deux ans ». Les collectivités, principaux pourvoyeurs de commandes, réduisent leurs projets en fin de mandat.

« La situation de certaines agences est un peu tendue. Les débouchés sont moins évidents pour nos jeunes diplômés », admet-il. Néanmoins, le taux d'insertion professionnelle reste bon, dépassant les 80%.

Le nouveau directeur conclut avec conviction : « Penser le monde est devenu aujourd'hui une urgence. Je dis aux jeunes diplômés : on a besoin de vous ! Porter cette mission me réjouit, j'ai l'impression d'être utile. »