Dans un entretien publié par Le Monde, l'architecte Jacques Ferrier livre une vision critique de l'urbanisme contemporain. Selon lui, la ville de demain ne peut se résumer à une succession de refuges climatisés reliés par des espaces extérieurs devenus hostiles. Cette tendance, exacerbée par le réchauffement climatique, risque de fragmenter l'espace urbain et de nuire à la qualité de vie des citoyens.
Une critique de l'urbanisme climatisé
Jacques Ferrier dénonce la multiplication des bâtiments entièrement climatisés qui créent des bulles de confort isolées de l'environnement extérieur. Il estime que cette approche est non seulement énergivore, mais qu'elle contribue également à rendre les espaces publics moins praticables. « Nous ne pouvons pas accepter que les rues deviennent des couloirs de chaleur que l'on traverse en courant pour rejoindre un lieu climatisé », affirme-t-il.
Repenser la conception des bâtiments
Pour l'architecte, la solution réside dans une conception bioclimatique des bâtiments, qui tire parti des ressources naturelles pour réguler la température. Il préconise l'utilisation de matériaux à forte inertie thermique, une ventilation naturelle optimisée et la création de zones d'ombre végétalisées. Ces éléments permettraient de réduire le recours à la climatisation tout en améliorant le confort des habitants.
Une ville plus humaine et durable
Jacques Ferrier insiste sur la nécessité de repenser la ville dans son ensemble, en favorisant la mixité des usages et la proximité des services. Il appelle à une planification urbaine qui intègre les enjeux climatiques et sociaux. « La ville de demain doit être un espace de vie agréable, où l'on peut se déplacer à pied ou à vélo sans souffrir de la chaleur », explique-t-il.
Cette vision s'inscrit dans une réflexion plus large sur l'adaptation des villes au changement climatique. L'architecte invite les décideurs et les professionnels de l'urbanisme à innover pour créer des espaces résilients et inclusifs. Il souligne que l'architecture doit retrouver sa fonction première : offrir un abri tout en permettant le lien avec l'extérieur.



