En ce septième jour du Têt, le Nouvel An vietnamien, les rues de Hanoï vibrent d'une énergie particulière. Des foules compactes se dirigent vers le temple de Tay Ho, situé sur les rives du lac de l'Ouest, le plus vaste plan d'eau de la capitale. Les femmes arborent de magnifiques robes aux couleurs éclatantes, tandis que des sages à la barbichette bien taillée, assis derrière leurs pupitres, rédigent avec soin des messages auspicieux pour les visiteurs.
Un symbole architectural au cœur des traditions
À quelques pas de cette scène traditionnelle, un chantier d'envergure attire tous les regards. Il s'agit du futur Opéra de Hanoï, conçu par l'architecte de renommée mondiale Renzo Piano. Sa structure, qualifiée de « pixélisée », présente des tons nacrés qui semblent onduler avec grâce. Cette carapace évoque une perle précieuse nichée dans sa coquille d'huître, posée délicatement sur un rectangle d'eau qui s'ouvre symboliquement vers le grand large. Une vision d'autant plus poétique que la pollution atmosphérique, malheureusement fréquente à Hanoï, empêche souvent de distinguer l'autre rive du lac.
Le second doï moï : une nouvelle ère pour le Vietnam
Ce projet architectural ambitieux s'inscrit dans une dynamique plus large. Le Vietnam communiste, sous l'impulsion de son nouveau dirigeant pressé et ambitieux, To Lam, est entré cette année dans ce qu'il nomme une « nouvelle ère ». Il s'agit ni plus ni moins d'un second doï moï, en référence à la politique de renouveau initiée en 1986. L'objectif affiché est clair et audacieux : rattraper les pays riches d'ici l'année 2045.
Pour sa capitale, Hanoï, le moment est venu de jouer dans la cour des grands en matière de métropolisation. Cela passe par la création de bâtiments emblématiques, comme ce nouvel Opéra, destinés à renforcer le rayonnement international de la ville. Ces infrastructures visent à attirer des concerts de prestige et des événements sportifs majeurs. Mais la transformation ne se limite pas à l'architecture iconique ; elle englobe également des projets urbains gigantesques qui redessinent le visage de la métropole.
La célébration du Têt et l'avancée des travaux de l'Opéra illustrent ainsi la dualité d'une Hanoï en pleine mutation, qui cherche à préserver ses racines culturelles tout en se projetant résolument vers l'avenir. Cette période de fête traditionnelle devient le cadre d'une réflexion sur le développement et les ambitions nationales, où chaque pierre posée sur le chantier symbolise un pas de plus vers la modernité et la reconnaissance mondiale.



