L'incendie qui a ravagé plus de 20 000 hectares en Gironde en août 2026 a entraîné la coupure de 13 000 lignes fixes et mobiles, selon un rapport de l'Arcep publié ce mardi. Cet événement illustre la fragilité des infrastructures télécoms face aux mégafeux, un phénomène appelé à se répéter avec le changement climatique.
Un bilan sans précédent pour les opérateurs
Selon le régulateur, les opérateurs ont dénombré 13 000 lignes fixes et mobiles coupées pendant la durée de l'incendie, qui a débuté le 12 août et a été maîtrisé le 24 août. Les zones les plus touchées sont les communes de La Teste-de-Buch, Cazaux et Belin-Béliet, où les feux ont détruit des poteaux téléphoniques et des câbles enterrés.
« Nous avons constaté que les infrastructures critiques ne sont pas conçues pour résister à des températures extrêmes », explique Claire Chambon, directrice des réseaux à l'Arcep. « Les câbles en fibre optique fondent à partir de 200 degrés Celsius, et les poteaux en bois brûlent rapidement. »
Des conséquences pour les secours et les habitants
La coupure des communications a entravé la coordination des pompiers et l'alerte de la population. Dans certaines zones, les habitants n'ont pas pu prévenir les secours pendant plusieurs heures. Les opérateurs Orange, SFR et Bouygues Telecom ont déployé des cellules mobiles temporaires, mais celles-ci n'ont couvert que 60 % des zones sinistrées.
« La priorité a été de rétablir les communications pour les services de secours, mais il a fallu attendre que les températures baissent pour intervenir », témoigne un technicien d'Orange, sous couvert d'anonymat. Les équipes ont travaillé 24 heures sur 24 pendant cinq jours pour remplacer les équipements endommagés.
Un appel à renforcer la résilience des réseaux
L'Arcep recommande de renforcer les normes de construction des infrastructures dans les zones à risque, notamment en enterrant les câbles plus profondément et en utilisant des matériaux ignifuges. Le régulateur préconise également de créer des « couloirs de communication » sécurisés pour les secours, similaires aux couloirs d'incendie.
« Nous devons tirer les leçons de cet événement », ajoute Claire Chambon. « Les opérateurs doivent investir dans des solutions de secours, comme les satellites ou les drones relais, pour garantir la continuité des communications en cas de mégafeu. » Le rapport sera présenté aux opérateurs lors d'une réunion prévue en septembre, afin de définir un plan d'action commun avant la prochaine saison des feux.



