Sacha, 20 ans, passe 2h20 par jour sur son iPhone, bien moins que la moyenne des jeunes
Sacha, 20 ans, passe 2h20 par jour sur son iPhone

Une utilisation modérée du smartphone chez une jeune Corse

Verdict : 2 heures et 20 minutes. C'est, chaque jour, le temps que consacre Sacha, une jeune femme de 20 ans travaillant comme responsable de vente dans une boulangerie d'Ajaccio, à son iPhone 14 Plus. « C'est 20 % de plus que la semaine dernière », soupire-t-elle, jointe par notre rédaction. Ce chiffre reste pourtant largement inférieur à la moyenne des jeunes de sa tranche d'âge.

Selon une étude commandée par l'Arcom aux instituts Médiamétrie et CSA sur les tendances 2025, les jeunes passent en moyenne 5 heures et 21 minutes par jour devant des contenus vidéo. Sacha, elle, se distingue par une consommation numérique modérée.

Snapchat, l'application indispensable

Son temps d'écran quotidien est principalement réparti entre Snapchat, où elle passe environ cinq heures par semaine, Instagram, avec trois heures cumulées, et Messenger. Lorsqu'elle déverrouille son téléphone, affichant un fond d'écran de son chihuahua d'un an nommé Lewis, elle n'a pas le réflexe de scroller. Elle utilise plutôt son iPhone pour maintenir le contact avec ses proches.

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« Sur Snapchat, on y est tous, et c'est là qu'étaient mes groupes de classe quand j'étudiais encore. D'ailleurs, quatre ou cinq ans après avoir quitté le lycée, on discute encore dessus ! », explique-t-elle. Pour Sacha, cette application est « vraiment mon application indispensable, celle qui me manquerait le plus si je perdais mon téléphone ».

La génération Snapchat et ses habitudes

Après un engouement initial au milieu des années 2010, l'application au fantôme blanc a connu un second souffle post-pandémie. Le « Snapchat Generation Report », publié par sa maison mère, révèle des chiffres éloquents : la plateforme compte environ 900 millions d'utilisateurs actifs mensuels en 2025. Les générations Z et alpha y trouvent une sorte d'agora sociale centrée sur les amis proches, avec un volume quotidien de communication augmenté de 30 % par rapport à l'année précédente.

Sacha souligne l'instantanéité et le sentiment de confidentialité offerts par la disparition des conversations après 24 heures. Elle attribue également son initiation à ce réseau à l'influence de ses aînés : « C'est grâce à eux qu'on en a entendu parler : je ne me serais jamais mise dessus si mon grand frère ne m'en avait pas parlé ! »

Des usages variés et une critique de la surconsommation

Sur Messenger, elle discute avec ses parents, qui vivent près de Marseille, via des appels vidéo au moins trois fois par jour. En revanche, elle scrolle très peu sur Instagram et TikTok, préférant regarder « des bêtises, des contenus sur les animaux, ou des compilations rigolotes » comme les best-of du Grand Bêtisier.

Parmi ses hobbies inattendus, Sacha passe du temps sur Google Earth pour explorer la Corse : « Ici, les images ne sont pas souvent mises à jour, et je suis super curieuse de savoir à quoi ça ressemblait avant. D'autant plus que le territoire a évolué très vite. »

Un regard critique sur l'usage excessif

La jeune femme a du mal à se situer par rapport à ses pairs, mais reconnaît s'agacer rapidement quand quelqu'un utilise son smartphone à table ou pendant une conversation : « Cela me tend tellement… Je suis vraiment ce genre de personne qui fait des réflexions du type “Pas de téléphone à table”. »

Elle observe même que « des personnes entre 60 et 80 ans ne peuvent pas décrocher, presque autant que les jeunes ! ». Concernant ses amis, elle estime qu'ils sont « trop dessus » : « C'est vraiment une drogue, s'ils ne l'ont pas en main toutes les dix secondes, ils le cherchent frénétiquement ! »

Des passions hors écran

Le temps libéré lui permet de se consacrer à d'autres activités, comme la réalisation de puzzles de 1000 pièces, qu'elle offre ensuite à la Croix-Rouge. Son rapport au téléphone est équilibré : elle ne le consulte pas avant son premier café, évite de l'utiliser la nuit pour préserver son sommeil, et ne scrolle que très occasionnellement.

Pour communiquer, elle privilégie les appels, sauf sur Snapchat où elle envoie des messages. Sa dernière photo ? Un bon de commande au travail. Sacha incarne ainsi une utilisation réfléchie du smartphone, loin des excès souvent pointés du doigt.

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