Amandine, 24 ans, passe 5h30 par jour sur son iPhone : son combat contre l'addiction au scroll
5h30 par jour sur son iPhone : le combat d'une influenceuse contre le scroll

5 heures 30 de téléphone par jour : le combat d'une influenceuse contre son addiction

Verdict sans appel : 5 heures 30. C'est le temps moyen qu'Amandine, jeune femme de 24 ans, consacre chaque jour à son iPhone 14 Pro. Gérante du compte Cultimedia et ses 24 000 abonnés Instagram, cette créatrice de contenus culturels ne peut évidemment pas se séparer complètement de son téléphone pour des raisons professionnelles. Pourtant, cette salariée dans un média cherche activement à réduire son usage excessif.

"C'est une drogue, de toute façon"

"Je sais que je suis accro. C'est une drogue, de toute façon", déclare-t-elle sans détour. La métaphore persiste tout au long de notre échange : "C'est comme arrêter la nicotine – enfin, j'imagine, je n'ai jamais fumé. Donc je réduis progressivement. Et parfois, j'arrive même à l'oublier !"

Son addiction est malheureusement commune : le scroll, cette action de faire défiler du contenu numérique. Elle privilégie Instagram : "C'est vicieux : je lance l'application pour répondre à un message, et je me retrouve dans une boucle qui peut durer des heures. TikTok, au moins, je sais que quand j'ouvre l'application, c'est pour une raison précise, donc je peux plus facilement me limiter", explique-t-elle, tout en reconnaissant y passer également une partie significative de son temps d'écran. Le réseau social chinois représente sa deuxième application la plus utilisée, devant son appareil photo intégré.

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L'algorithme qui comprend trop bien

Recettes culinaires, publications de médias culturels spécialisés – "j'ai besoin de m'informer" –, décoration intérieure, suggestions de sorties parisiennes, mais aussi mèmes et vidéos humoristiques extraites de spectacles de stand-up... L'algorithme "a très bien compris ce qui me faisait rester", constate Amandine avec une pointe de résignation.

Des garde-fous pour limiter le temps d'écran

Pourtant, Amandine lutte farouchement contre ses habitudes compulsives – "sortir de la douche et rester une heure à scroller en peignoir", "faire défiler des vidéos la nuit jusqu'à tomber de fatigue". La jeune femme avait déjà tenté d'arrêter "radicalement" toute pratique du scroll par le passé, sans succès durable.

Depuis janvier, elle entreprend donc une nouvelle approche pour échapper à sa "spirale" : "En fin d'année, j'ai pris conscience que c'était démentiel : pendant les fêtes, je passais mes journées en famille, et mes nuits sur mon iPhone", révèle Amandine, qui se souvient de périodes où son temps d'écran dépassait les sept heures quotidiennes.

De manière générale, "je scrollais toujours toute une partie de la soirée : à une heure du matin, je regardais l'heure et j'avais le sentiment de n'avoir rien fait de ma soirée". Cette addiction s'accompagnait d'une anxiété palpable : "Je ressentais un véritable mal-être, en voyant tout ce que les autres créateurs de contenu publiaient alors que je m'étais accordé une pause." Le regard de son entourage l'a également interpellée : "Parfois, je scrollais en pleine journée, avec des gens autour. Mon meilleur ami me le reprochait, mon compagnon aussi..."

Reprendre le contrôle face à l'algorithme

Pour s'éloigner progressivement de son téléphone, la créatrice de contenus a opté pour une démarche "progressive" : "Le week-end, je peux scroller un peu dans la journée. Le plus important, pour l'instant, c'est regagner du temps sur mes soirées." Pour y parvenir, Amandine a soigneusement remodelé son "feed" (fil d'actualités personnalisé par l'algorithme).

Elle privilégie désormais des contenus culturels sur des films ou expositions à venir, ainsi que des publications plus créatives pour s'inspirer... "Je me focalise sur ce qui peut vraiment être intéressant pour moi, et j'ai l'impression que mon algorithme est plus intentionnel, alors qu'avant, je me laissais tomber dans tout ce qui pouvait me divertir." Elle admet cependant ne "pas toujours" parvenir à respecter les deux heures de limite maximales qu'elle s'est imposée sur Instagram et TikTok.

Stratégies concrètes de déconnexion

Amandine a mis en place plusieurs garde-fous supplémentaires :

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  • Notifications coupées sur ses réseaux sociaux principaux
  • Smartphone retourné face cachée lorsqu'elle ne l'utilise pas
  • Téléphone posé sur une table basse le soir plutôt que sur sa table de chevet
  • Appareil parfois laissé dans une autre pièce que celle où elle se trouve

"Je mets de la distance avec", confie-t-elle avec un sourire.

L'influenceuse a également installé un système de "pages" thématiques ("matin", "travail", "soir"), chacune s'activant à des moments spécifiques de la journée ou en fonction de sa localisation, avec "seulement les applications indispensables". Ces procédés commencent à porter leurs fruits : "Je me sens mieux, moins coupable quand je scrolle, et j'ai plus de temps. Et mes proches ont remarqué que j'étais plus présente !"

Les habitudes numériques d'Amandine

À quel moment votre temps d'écran explose-t-il ?
"La soirée ou, parfois, au travail, quand il y a des temps morts, ou quand je suis sur une tâche peu stimulante intellectuellement. C'est aussi pour cela que j'ai voulu réduire."

Que consultez-vous en premier chaque matin ?
"Instagram et TikTok, un peu, mais surtout les actualités : j'écoute France Inter, je lis la matinale de Quotidien... Et j'organise aussi ma journée, en répondant aux messages de la nuit, et en planifiant ma semaine."

Votre application "plaisir coupable" ?
"TikTok, sans hésitation."

Si vous perdiez votre téléphone demain ?
"Les photos, déjà, parce que pour ma création de contenus, je prends énormément de clichés, d'expositions et d'œuvres d'art. J'appeler mes proches me manquerait aussi, j'ai besoin de les avoir tous les jours. Concrètement, si je le perds à 14 heures, j'en rachète un à 17 heures."

Dernière photo prise ?
"Une photo de mon journal de culture, parce que je découpe mes billets d'exposition et les communiqués de presse pour les coller dedans... Toujours dans le but de rester le plus éloignée possible de mon téléphone !"