5h30 par jour sur smartphone : quand la passion sportive dicte l'usage numérique
Verdict : 5 heures 30 minutes. C'est le temps que Valentin*, consultant de 29 ans originaire de Nancy, passe chaque jour sur son Google Pixel 10. En moyenne, environ 200 notifications illuminent quotidiennement l'écran de son smartphone - dont une proportion significative provient de médias - incitant systématiquement le jeune homme à y revenir. Pourtant, ces alertes ne suffisent pas à expliquer ce temps d'écran considérable. Les moments consacrés à Instagram ou WhatsApp pour échanger avec ses proches n'en sont pas non plus la cause principale.
Une passion qui rythme le quotidien numérique
Pour comprendre cet usage intensif, il faut se tourner vers l'une des passions du presque trentenaire. Quand il nous rejoint à la rédaction, Valentin revient d'une course d'1h30 pendant laquelle il a parcouru une quinzaine de kilomètres. « J'ai fait mon dernier semi-marathon en 1h41 », annonce le grand brun avec un large sourire derrière sa moustache. Son parcours, longeant les quais et le musée d'Orsay, est déjà publié sur Strava grâce à la montre connectée waterproof qui ne quitte jamais son poignet.
Sur cette plateforme où les passionnés de course partagent leurs performances, Valentin consulte également, de temps à autre, les résultats de ses proches. Serviette sur les épaules, il se défend pourtant d'être un fanatique. Sur son téléphone, le Nancéien fait défiler ses applications. En arrière-plan, on distingue une grande roue photographiée depuis la place Stanislas de sa ville natale.
Le sport comme fil conducteur numérique
Football, tennis, basket, athlétisme... Sur son trajet vers le travail, le consultant consulte assidûment L'Équipe et Eurosport : « Je suis particulièrement attentif aux articles vélo et tennis ». C'est par ce dernier sport qu'il est « tombé dedans » peu après ses six ans : « J'ai commencé par m'intéresser aux sports de raquette que je pratiquais, puis j'ai élargi progressivement à d'autres disciplines. »
Les matchs de l'AS Nancy Lorraine au Stade Marcel-Picot, auxquels l'emmenait son père, ont contribué à cette passion. Les événements sportifs de tout type diffusés sur la télévision familiale ont également joué un rôle - des rencontres retransmises sur Téléfoot au Tour de France, en passant par les incontournables Jeux olympiques.
« En fait, au lieu de faire l'inventaire des sports que je suis, j'aurais plus vite fait de lister ceux que je ne suis pas », confie-t-il avec humour. Quand on lui demande cette liste alternative, il réclame un joker : « Ceux qui ne sont pas diffusés ? Les seuls sports que je ne suis pas sont ceux qui ne sont pas diffusés ! »
Un écosystème d'applications dédiées
Grâce aux applications YouTube et MyCanal, qui trônent fièrement sur la première page de son smartphone, il suit les événements sportifs où qu'il se trouve, ainsi que des résumés de compétitions. « Ça peut commencer dès le petit déjeuner ! » Au travail, il branche parfois ses écouteurs à son Google Pixel 10 posé en équilibre sur un coin de bureau : « Seulement pour les événements importants, en fond sonore et visuel », précise-t-il.
Quand il n'a pas le temps de visionner, il rattrape son retard via Flashscore, une application qui lui fournit les résultats de ses sports préférés. « Et de temps en temps, même si c'est de moins en moins fréquent, je consulte X : mon algorithme fait remonter tous les tweets marrants liés au sport », énumère Valentin.
Un téléphone devenu outil indispensable
Au total, le futur marathonien consacre près de deux heures quotidiennes à se tenir informé sur son centre d'intérêt principal. Celui qui s'est fait voler son téléphone à deux reprises se souvient : « À chaque fois, les applications que je réinstalle immédiatement sont liées au sport, L'Équipe ou MyCanal en tête ! Mon téléphone est vraiment un outil incontournable pour ça. »
Rituels et habitudes numériques
Le temps d'écran explose particulièrement le soir, durant le « sas de décompression » après la journée de travail. « Ce moment où j'aimerais faire autre chose, mais que je prends comme un réflexe », reconnaît Valentin. Il consulte alors l'actualité sur les sites d'information, principalement L'Équipe, Le Monde et Courrier international.
Parmi ses applications, Pokémon Go occupe une place particulière : « C'est un des derniers jeux que j'ai sur mon téléphone depuis dix ans, et auquel je joue encore. Je l'ai désinstallé et réinstallé plusieurs fois, mais j'y reviens toujours ! » Il mentionne également les émulateurs de GameBoy, « des applications pas particulièrement légales qui permettent d'accéder à des jeux depuis son téléphone ».
Une relation mesurée mais intense
Valentin place systématiquement son téléphone en mode avion la nuit et utilise un réveil physique pour éviter les tentations de consultation nocturne. Pourtant, « très peu de temps s'écoule entre mon réveil et la première consultation. Je le prends en main dès que je me lève, c'est presque un réflexe ».
Il consacre environ trois quarts d'heure par jour au scrolling, un temps qu'il juge déjà excessif. « Je perds du temps dans des Reels sans y trouver un réel intérêt - même si certains portent sur le sport ou la course à pied. Ça me fait culpabiliser, car j'ai l'impression de perdre du temps : je pourrais lire à la place, même dix ou vingt pages. »
Usages pratiques et limites sociales
La météo constitue sa recherche Internet la plus fréquente : « Il suffit que je tape un 'M' dans ma barre de recherche pour que l'on me propose 'Météo'. Je dois regarder le temps qu'il fait pour adapter mes jours et horaires de course. »
Pour communiquer, il privilégie les messages écrits aux appels téléphoniques. « Je n'aime pas appeler les gens : la plupart du temps, quand je suis au téléphone, c'est que j'ai été appelé. J'appelle uniquement mes parents. » Sa génération apprécie les messages vocaux, qu'il tolère « quand ils font deux ou trois minutes. Au-delà de cinq, c'est bien trop ! »
À table avec d'autres personnes, il évite d'utiliser son téléphone, mais l'utilise s'il est seul. Devant la télévision, jamais. Ses proches « savent que j'aime beaucoup le sport, que je suis l'actualité sportive, ils sont compréhensifs... Mais quand je suis avec eux, j'essaye de ne pas y être scotché. »
La dernière photo qu'il a prise ? « Le chat du voisin, qui squatte chez moi. »
* Le prénom a été modifié.



