Guerre en Ukraine : la Russie recrute des mercenaires irakiens via TikTok
Russie recrute mercenaires irakiens sur TikTok pour Ukraine

Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, Vladimir Poutine avait évoqué le recrutement de 16 000 combattants au Moyen-Orient. Trois ans plus tard, une enquête de l'AFP montre que Moscou attire des mercenaires irakiens via les réseaux sociaux TikTok et Telegram.

Un recrutement massif en échange d'un salaire en or

Pour séduire les mercenaires, les recruteurs promettent une prime d'engagement allant jusqu'à 20 000 dollars et un salaire mensuel de 2 800 dollars, soit quatre fois la solde d'un militaire irakien. Un « package » est ensuite prévu. Un recruteur a expliqué à l'AFP qu'il suffit de fournir la copie d'un passeport, une adresse et un numéro de téléphone pour recevoir une invitation en Russie, nécessaire pour obtenir le visa, le coût du billet étant ensuite pris en charge. Un autre affirme aider les Irakiens une fois sur place à transférer de l'argent chez eux. Certains donnent même une série de termes militaires à apprendre en russe, comme : « les munitions sont épuisées », « mission accomplie », « nous avons des pertes », « attaque de drone suicide ».

Des méthodes similaires ont été utilisées en Syrie, en Algérie et ailleurs dans la région et au-delà pour attirer des recrues d'Asie centrale, d'Inde, du Bangladesh, du Népal, ont découvert les journalistes de l'AFP. Jusqu'à Cuba même, selon plusieurs médias.

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Le désarroi des familles

Le visage souriant, en uniforme militaire debout dans un champ labouré par les chenilles de véhicules lourds, de la fumée en arrière-plan. C'est le dernier post sur TikTok du jeune irakien Mohammed Imad, apparemment en Ukraine. « Priez pour moi », dit la légende à côté d'un drapeau russe. C'était en mai dernier. Depuis, les mois ont passé sans un mot, juste des rumeurs. Il a été pris en otage, blessé, il est tombé malade ou a été tué dans la frappe d'un drone ukrainien.

Comme beaucoup de ces jeunes Irakiens combattant en Ukraine, Mohammed, 24 ans, est parti en Russie et s'est enrôlé dans les forces armées russes sans le dire à sa famille. Comme eux, il a été attiré par les promesses d'amasser de l'argent et de gagner un passeport russe. « Il n'est jamais revenu », raconte à l'AFP sa mère. « Je veux mon fils. Je veux savoir s'il est mort ou vivant », se lamente-t-elle.

Un recruteur témoigne

« Il n'y a pas d'avenir en Irak. J'ai fait de mon mieux là-bas mais je n'ai pas réussi », explique Munaser. Il a rejoint l'armée russe en 2024 et détient aujourd'hui un passeport russe. Aujourd'hui, il est recruteur. « Il ne s'agit pas de la Russie ou de l'Ukraine. Ma priorité, c'est ma famille. » Il dit qu'il est heureux car il peut envoyer à sa famille « environ 2 500 dollars par mois ».

Le nombre d'Irakiens recrutés indéfini

À ce jour, les estimations varient sur le nombre d'Irakiens combattant pour la Russie : ils seraient plusieurs centaines au moins, selon des sources sécuritaires irakiennes, beaucoup plus selon des recruteurs et des sources ukrainiennes. L'Ukraine de son côté compte quelque 3 500 combattants étrangers, selon son ambassade en Irak.

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