Corée du Nord : une fausse loi sur le blasphème viralise sur les réseaux sociaux
Fausse loi nord-coréenne sur le blasphème virale sur X

Une fausse information nord-coréenne fait le tour des réseaux sociaux

Une publication sur le réseau social X, prétendant que la Corée du Nord a officiellement interdit les insultes envers le prophète Mahomet et le Coran en vertu d'une nouvelle loi, a généré un engouement massif en ligne. Cette affirmation a été consultée par plus de huit millions d'internautes, déclenchant un débat animé dans les commentaires entre les sceptiques, les partisans et les détracteurs de cette annonce.

Absence totale de sources officielles

Le post viral ne fournit évidemment aucune source vérifiable pour étayer ses allégations. Après vérification, ni l'État nord-coréen ni ses médias officiels n'ont annoncé une telle mesure. Les grandes agences de presse internationales, notamment Reuters et l'AFP, n'ont pas non plus relayé cette information, ce qui renforce les doutes sur son authenticité.

Pourquoi cette annonce était hautement improbable

La Corée du Nord est officiellement un État laïque où les pratiques religieuses sont théoriquement tolérées, mais uniquement dans le cadre d'institutions strictement contrôlées par le régime autoritaire. L'islam y est très peu représenté, avec seulement environ mille à trois mille pratiquants pour une population totale estimée à plus de vingt-cinq millions d'habitants.

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Le pays ne compte qu'une seule mosquée, hébergée par l'ambassade iranienne et principalement destinée aux diplomates étrangers musulmans. De manière plus générale, l'expression d'opinions dans l'espace public, qu'il s'agisse de blasphèmes ou d'autres prises de position, est extrêmement rare, voire inexistante en Corée du Nord.

Dans ce contexte, toute déclaration publique non autorisée, quel que soit le sujet, expose son auteur à des risques sévères, notamment l'envoi dans un camp de travail forcé. Cette réalité rend d'autant plus improbable l'adoption d'une loi spécifique sur le blasphème, qui contredirait les pratiques répressives du régime en matière de liberté d'expression.

Cette affaire illustre une fois de plus la rapidité avec laquelle les fausses informations peuvent se propager sur les réseaux sociaux, même lorsqu'elles concernent des pays fermés comme la Corée du Nord, où la vérification des faits reste particulièrement complexe.

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