Dax 2026 : la guerre des réseaux sociaux envahit la campagne municipale
Dax 2026 : les réseaux sociaux au cœur de la campagne municipale

Dax 2026 : la campagne municipale envahie par les réseaux sociaux

Lors d'un débat organisé par Sud-Ouest et TVPI, diffusé ce vendredi 6 mars, le quotidien a choisi de pointer « l'éléphant dans la pièce », en interrogeant les candidats Julien Dubois et Viviane Loumé-Seixo sur leur rapport aux réseaux sociaux et leurs dérives. Dans cette campagne des élections municipales 2026, les plateformes numériques ont pris une place qu'elles n'avaient pas en 2020, et ce avant même le lancement officiel de certains candidats.

Une tendance forte à Dax et dans les Landes

C'est une forte tendance depuis plusieurs mois constatée à Dax, peut-être un peu plus qu'ailleurs dans les Landes : les pires prises de bec autour des enjeux de cette campagne ont lieu sur Facebook, et à travers plusieurs pages et profils, plutôt que dans les réunions de quartier. Ainsi, la page « Dax, Ma ville et moi » (anciennement baptisée « Dax, ma ville meurt ») administrée par Gilles Bourdillas, fait ouvertement campagne pour Julien Dubois, et compte 22 400 membres acquis en dix ans d'existence, soit plus que la population de Dax.

Son administrateur confiait récemment à Sud-Ouest, lors d'une interview, « agir par pure vengeance contre la gauche dacquoise ». Il relaye parfois de fausses informations d'autres pages, diffuse aussi le contenu officiel de la campagne du maire sortant, réalise des montages vidéos satiriques, etc.

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Des pages Facebook aux stratégies opposées

De l'autre côté du champ politique, une autre page Facebook, baptisée « Pour Dax et le pays dacquois », qui compte 800 abonnés, dresse depuis 2020 un bilan peu flatteur du mandat de Julien Dubois, en publiant des photos dont l'honnêteté laisse à désirer. Par exemple, des dépôts d'ordures sauvages sur une parcelle privée, censés illustrer le manque d'entretien des espaces publics.

L'intelligence artificielle entre en scène

Une troisième page devenue célèbre en quelques mois, « Le Canard du Grand Dax », est administrée par Vincent Piget, lui-même candidat sur une liste à Saugnacq-et-Cambran. Il utilise l'intelligence artificielle pour diffuser un contenu souvent politique sous couvert « d'informer autrement ». Deux plaintes ont été déposées par des candidats aux municipales dans des villages de l'Agglo pour des contenus jugés diffamatoires. On ne peut, pour l'heure, présumer des suites qui seront données par le parquet de Dax.

Les réactions des candidats

Sud-Ouest a interrogé les deux candidats aux élections municipales du 15 mars sur cette nouvelle donne, à l'occasion du débat télévisé. Julien Dubois préfère dénoncer le contenu de la page officielle de son adversaire socialiste : « Il n'y a pas besoin de citer ces pages-là. Moi, j'ai appris dernièrement que Mme Loumé-Seixo poste sur sa page Facebook des vidéos avec des coupures, en caricaturant mes positions. » Le maire de Dax poursuit : « Moi, je ne le ferai jamais. Quand il y a un débat, je le mets en intégralité, et les gens se font leur idée sur les pages dont vous parlez. Moi, tout ce qui est anonyme, les faux profils, je ne le lis pas. »

Des colistiers tels que Gregory Rendé, Amine Bénalia-Brouch, ou encore le directeur de cabinet Christophe Cluzel, proactifs sur les réseaux sociaux, s'en chargent visiblement pour lui, si l'on en croit les nombreux « likes » et les commentaires.

Une guerre des « likes » et des plaintes

Le maire de Dax semble en avoir été informé : « J'ai remarqué qu'il n'y a que des élus socialistes qui portent plainte. Donc on est souvent attachés à la liberté d'expression, mais pas quand ça concerne les autres. Le truc animalier (NDLR : la page « Lea Pare », qui compte 519 abonnés, créée en réponse au Canard du Grand Dax), on m'a dit qu'ils sont vraiment insultants, et j'en aurais eu, des occasions de porter plainte. Je ne l'ai jamais fait, je ne rentre pas dans ce jeu-là, moi. »

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Dénonciation des méthodes violentes

Viviane Loumé-Seixo a dénoncé « des méthodes violentes et de manipulation de l'information. » Et de souligner que les réseaux sociaux permettent parfois de « soulever des lièvres » : « Vous êtes journaliste et je sais que vous êtes attaché, même si parfois on a des débats, à toujours avoir des propos équilibrés et sourcés. Et parfois, sur les réseaux sociaux, on lève des lièvres, comme on dit. » C'est probablement ce qu'a pensé faire Le Canard du Grand Dax, en dénonçant la présence de sept à huit candidats de la France Insoumise sur une liste à Narrosse. Il a reconnu depuis qu'il s'agissait d'une interprétation erronée de propos tenus sur les ondes d'Ici Gascogne.

La montée de l'insulte et de la censure

Depuis quelques jours, Viviane Loumé-Seixo dénonce des méthodes violentes et de manipulation de l'information : « Toutes les équipes en lice, d'où qu'elles soient, quel que soit leur bord, utilisent effectivement énormément les réseaux sociaux avec des vidéos, des diaporamas et il y a de très belles choses qui circulent sur les réseaux sociaux. Et puis il y a aussi effectivement cette part d'ombre qui se développe. Il y a de la censure d'un côté, les commentaires critiques sont effacés, et puis il y a des dérapages, comme j'ai pu le constater tout à fait récemment. On n'est plus dans la critique d'un projet, on est vraiment dans l'insulte. Donc c'est ça pour moi qui est absolument inadmissible. »

La candidate socialiste poursuit : « Pour l'instant, je n'ai pas déposé plainte. Je collecte, je garde ce que nous trouvons comme commentaires sur les réseaux sociaux. Alors, évidemment, la difficulté, c'est que parfois, ce sont des faux profils. J'espère que nous allons trouver un apaisement d'ici le 15 mars, de ce côté-là. »