L'Arcom alerte Bruxelles sur le danger de la tendance Skinnytok promouvant l'extrême maigreur sur TikTok
Arcom alerte l'UE sur Skinnytok, tendance dangereuse de maigreur sur TikTok

L'Arcom saisit la Commission européenne face au phénomène Skinnytok sur TikTok

L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a officiellement transmis ce jeudi 4 décembre 2025 les résultats d'une enquête approfondie à la Commission européenne, ciblant spécifiquement la plateforme TikTok et sa gestion de la tendance préoccupante baptisée "Skinnytok". Cette tendance virale, qui promeut activement la maigreur extrême auprès des jeunes utilisateurs, notamment les adolescentes, soulève des inquiétudes majeures en matière de santé publique.

Une propagation massive et inquiétante

Repérée initialement par les autorités françaises au début du mois d'avril 2025 suite à plusieurs articles de presse, la tendance Skinnytok a connu une diffusion alarmante. Entre le 24 mars et le 24 avril de la même année, plus de 5 500 publications ont été recensées. À plus grande échelle, ce sont plus de 3 000 créateurs de contenus, principalement anglophones, qui ont relayé ce phénomène, générant près de 100 millions de vues et 9,5 millions de likes en l'espace d'un seul mois.

Des pratiques extrêmes et dangereuses

Dans son rapport détaillé, l'Arcom expose que ces publications mettent en avant, sous couvert de motivation ou de promotion d'un mode de vie prétendument sain :

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  • Des habitudes alimentaires très restrictives
  • Des morphologies parfois extrêmement minces
  • Des comparaisons corporelles problématiques

La tendance défend explicitement des pratiques radicales telles que "ne pas manger, faire toujours plus de sport" dans l'objectif unique d'atteindre une maigreur maximale. L'Arcom souligne également que l'approche de l'été réactive malheureusement "les injonctions sociales anciennes sur le corps féminin", exacerbant ainsi la pression sur les jeunes filles.

Un risque majeur pour la santé des mineurs

L'autorité régulatrice estime que "ce phénomène est susceptible de représenter un risque de santé publique", particulièrement pour les mineurs qui constituent une audience importante de TikTok. Les chiffres sont éloquents : les mineurs représentent 16% des utilisateurs de la plateforme, sur laquelle ils passent en moyenne plus de 28 heures par mois. Cette exposition prolongée à des contenus promouvant l'extrême maigreur présente un danger significatif pour leur développement et leur santé mentale.

Une réponse jugée insuffisante de TikTok

Selon l'Arcom, bien que TikTok ait réagi en bloquant le mot-clé principal "Skinnytok", la plateforme n'a pas pris de mesures adéquates pour limiter les contournements de ce blocage via l'utilisation de mots-clés similaires. "Il a fallu attendre la mobilisation citoyenne via une pétition et l'intervention des pouvoirs publics pour que la plateforme prenne enfin des actions concrètes", déplore le régulateur, faisant référence au rapport parlementaire sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs.

En avril 2025, TikTok avait pourtant assuré avoir "mis en place des règles strictes contre le body shaming et les comportements dangereux liés à la perte de poids" en limitant l'accès aux contenus présentant des idéaux corporels néfastes. Cependant, l'enquête de l'Arcom suggère que ces mesures n'ont pas été suffisamment efficaces pour endiguer la propagation de la tendance Skinnytok et ses variantes.

Cette saisine de la Commission européenne par l'Arcom marque une étape importante dans la régulation des contenus dangereux sur les réseaux sociaux, soulignant la nécessité d'une action coordonnée au niveau européen pour protéger les jeunes utilisateurs des influences néfastes en ligne.

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