Municipales : ChatGPT et Le Chat ont brillamment prédit les résultats des grandes villes
IA et municipales : ChatGPT et Le Chat ont vu juste

Les intelligences artificielles ont-elles le don de prédire les élections municipales ?

À quelques jours du second tour des élections municipales, le journal Sud Ouest a réalisé une expérience inédite en soumettant des pronostics électoraux à deux intelligences artificielles distinctes : ChatGPT, le célèbre robot conversationnel d'OpenAI, et Le Chat, l'IA développée par la start-up française Mistral AI. L'objectif était clair : évaluer la capacité de ces technologies à anticiper les résultats des scrutins locaux dans un contexte politique complexe.

Une méthodologie rigoureuse pour des pronostics éclairés

Pour chaque grande ville étudiée, les journalistes ont fourni aux deux intelligences artificielles un script identique contenant des données précises et actualisées. Ce document incluait les résultats complets du premier tour pour tous les candidats, les taux d'abstention enregistrés, ainsi que les alliances, ralliements et soutiens observés durant la période cruciale de l'entre-deux-tours. La question posée aux IA était formulée avec précision : « Compte tenu de la dynamique des candidats et de la logique de report des voix, en tenant compte des incertitudes liées à l'abstention, qui a le plus de chances de gagner dimanche 22 mars ? »

Paris : des pronostics divergents mais une analyse pertinente

Dans la capitale française, les deux intelligences artificielles ont présenté des pronostics différents mais tous deux étayés par des raisonnements solides. Le Chat d'Mistral AI penchait pour une victoire d'Emmanuel Grégoire, soulignant que « l'écart est si faible que tout peut basculer selon la mobilisation des électeurs et le report effectif des voix ». De son côté, ChatGPT anticipait un succès de Rachida Dati, mettant en avant sa « réserve de voix plus large et plus disciplinée ». Le résultat final a donné raison au Chat avec la victoire d'Emmanuel Grégoire qui a obtenu 50,5 % des suffrages contre 41 % pour sa concurrente.

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Marseille : un consensus prémonitoire

Dans la cité phocéenne, les deux intelligences artificielles ont fait preuve d'une remarquable convergence d'analyse. ChatGPT et Le Chat ont unanimement pronostiqué la réélection du maire sortant de gauche, Benoît Payan, face au candidat du Rassemblement National, Franck Allisio. ChatGPT avait développé un raisonnement en trois points : « un réservoir de voix clair à gauche, une logique de front anti-RN et sa position de tête au 1er tour ». La réalité électorale a confirmé ces prédictions avec une victoire nette de Benoît Payan à 54,3 % des voix.

Bordeaux : la précision des analyses probabilistes

Les deux IA ont également démontré leur acuité dans la ville de Bordeaux. ChatGPT et Le Chat ont correctement anticipé la victoire serrée de Thomas Cazenave contre le maire sortant écologiste Pierre Hurmic. ChatGPT avait noté avec justesse que « Thomas Cazenave a aujourd'hui une probabilité légèrement supérieure de l'emporter mais Pierre Hurmic reste totalement en mesure de gagner si la gauche se mobilise fortement ». Le résultat final a effectivement été extrêmement serré avec 50,95 % pour Cazenave contre 49,05 % pour Hurmic.

Lyon : des pronostics confirmés malgré la contestation

La série de prédictions réussies s'est poursuivie à Lyon où les deux intelligences artificielles ont correctement annoncé la victoire du maire sortant Grégory Doucet face à Jean-Michel Aulas. Le Chat soulignait que « Grégory Doucet est favori de justesse » grâce au « ralliement de LFI et à sa dynamique de premier tour ». ChatGPT évoquait quant à lui « une légère avance probabiliste » pour le maire écologiste. La réalité électorale a donné raison à ces analyses avec 50,3 % des voix pour Doucet, même si son adversaire a annoncé un recours pour irrégularités présumées.

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Toulouse, Nantes et Strasbourg : la quasi-perfection prédictive

Toulouse a confirmé l'excellence des pronostics avec la victoire de Jean-Luc Moudenc correctement anticipée par les deux IA. Nantes a vu les intelligences artificielles prédire avec justesse la réélection de la maire socialiste Johanna Rolland, ChatGPT évoquant « un avantage clair mais non décisif ». Enfin, à Strasbourg, malgré un contexte particulièrement complexe avec une triangulaire serrée, les deux IA ont correctement identifié Catherine Trautmann comme la probable gagnante.

Une performance remarquable qui interroge

Le bilan de cette expérience est particulièrement impressionnant. Sur l'ensemble des grandes villes étudiées, les intelligences artificielles ont produit des pronostics extrêmement précis, démontrant une capacité d'analyse fine des dynamiques électorales locales. Cette performance soulève des questions fascinantes sur le rôle que pourraient jouer ces technologies dans l'analyse politique future. Si les IA ne remplaceront jamais le travail des journalistes et des politologues, elles semblent capables de fournir des éclairages statistiques et probabilistes d'une grande pertinence pour comprendre les scrutins démocratiques.