L'intelligence artificielle s'immisce dans l'écriture avec Grammarly
L'intelligence artificielle continue d'étendre son influence dans des secteurs toujours plus diversifiés, et le domaine de l'écriture n'échappe pas à cette tendance. La plateforme d'aide à la rédaction Grammarly illustre parfaitement ce phénomène en intégrant des fonctionnalités d'IA générative de plus en plus sophistiquées. Parmi les innovations récentes, l'option Expert Review permet désormais aux utilisateurs de solliciter l'avis virtuel de personnalités, qu'elles soient vivantes ou décédées, afin d'imiter leur style littéraire ou scientifique.
Des conseillers virtuels célèbres sans consentement
Cette fonctionnalité offre la possibilité de recevoir des retours adaptés en fonction de la nature du texte. Les auteurs peuvent ainsi choisir parmi une sélection de figures emblématiques telles que le romancier à succès Stephen King, l'astrophysicien renommé Neil deGrasse Tyson, ou encore l'astronome Carl Sagan, disparu en 1996. Le magazine Wired a révélé cette semaine que cette opération se déroule sans que les personnes concernées ou leurs ayants droit n'aient été consultés au préalable.
Des conditions d'utilisation qui précisent les limites
Dans ses conditions d'utilisation, Grammarly prend soin de spécifier que « les références à des experts dans ce produit sont fournies à titre informatif uniquement et n'indiquent aucune affiliation avec Grammarly ni aucun soutien de la part de ces personnes ou entités ». Jen Dakin, responsable de la communication de la plateforme concurrente Superhuman, a également souligné que l'outil « fournit des suggestions inspirées des travaux d'experts », précisant que les spécialistes mentionnés ne sont pas contactés directement et ne produisent pas eux-mêmes les commentaires suggérés.
Des critiques éthiques émergent
Malgré ces précautions, la fonctionnalité Expert Review suscite des réserves dans la communauté académique et littéraire. Vanessa Heggie, professeure à l'université de Birmingham au Royaume-Uni, critique vivement cette approche. Elle estime que Grammarly crée de « petits modèles de langage » à partir d'« œuvres récupérées » de personnalités, tout en tirant profit de « leurs noms et de leur réputation » sans compensation ni autorisation.
Cette controverse met en lumière les questions éthiques croissantes liées à l'utilisation de l'IA générative, notamment en matière de propriété intellectuelle et de consentement. Alors que les outils comme Grammarly deviennent de plus en plus performants, le débat sur leurs implications sociales et légales s'intensifie, posant des défis inédits pour les créateurs, les plateformes technologiques et la société dans son ensemble.



