Deepfakes sexuels générés par l'IA Grok : l'UE ouvre une enquête contre X d'Elon Musk
Deepfakes sexuels : enquête européenne contre X d'Elon Musk

Deepfakes sexuels générés par l'IA Grok : une enquête européenne lancée contre X

L'autorité irlandaise de protection des données (DPC) a annoncé ce mardi 17 février l'ouverture d'une enquête européenne contre le réseau social X, propriété d'Elon Musk. Cette investigation porte spécifiquement sur la création et la publication de deepfakes à caractère sexuel générés sur la plateforme via le compte @Grok, directement lié à l'outil d'intelligence artificielle Grok.

Une enquête au nom de l'Union européenne

L'objectif principal de cette investigation, menée au nom de l'Union européenne, est de déterminer si X a respecté ses obligations en vertu du Règlement général sur la protection des données (RGPD). La DPC examine particulièrement le traitement des données personnelles lié à la création et à la diffusion de ces images sexualisées de personnes réelles, y compris potentiellement d'enfants.

Graham Doyle, commissaire adjoint à la DPC, a précisé que l'organisme est en contact avec le réseau social « depuis l'apparition, il y a plusieurs semaines, des premiers articles de presse concernant la capacité présumée des utilisateurs de X à inciter le compte @Grok sur X à générer des images sexualisées de personnes réelles ».

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Le contexte international de l'indignation

Cette enquête s'inscrit dans un mouvement d'indignation internationale plus large concernant l'outil Grok, qui permet aux utilisateurs de demander à dénuder des personnes réelles à partir de photos ou de vidéos. Face à la controverse croissante :

  • Certains pays avaient annoncé en janvier un blocage complet de Grok
  • D'autres nations, comme le Royaume-Uni, ont ouvert leurs propres enquêtes contre la plateforme X
  • La pression réglementaire s'est considérablement accrue à l'échelle mondiale

En réponse à cette vague de critiques, X avait annoncé mi-janvier un bridage de son outil d'intelligence artificielle dans les pays où la création de telles images est explicitement illégale.

La compétence irlandaise et les précédentes investigations

La DPC est compétente pour agir au nom de l'Union européenne car le siège européen de X se trouve en Irlande, tout comme ceux de nombreux autres géants de la Silicon Valley. Cette position stratégique donne à l'autorité irlandaise un rôle central dans la régulation des plateformes technologiques au sein de l'UE.

Il s'agit d'ailleurs pas de la première enquête ouverte par le régulateur irlandais contre X. En avril 2025, la DPC avait déjà lancé une investigation concernant l'utilisation de certaines données personnelles par le réseau social pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle.

L'action parallèle de la Commission européenne

La Commission européenne avait déjà annoncé fin janvier une enquête distincte visant à vérifier si X avait enfreint les puissantes règles européennes sur le numérique. Ces réglementations imposent aux plateformes de protéger activement les utilisateurs contre les contenus illégaux.

Bruxelles avait pris une première mesure préventive début janvier en ordonnant à X de conserver tous ses documents et données internes relatifs à Grok jusqu'à la fin de l'année. Cette décision visait à préserver les preuves potentielles pour les futures investigations.

Les tensions transatlantiques sur la régulation tech

La régulation des géants américains de la technologie est au cœur de tensions grandissantes entre l'Union européenne et les États-Unis. Ces frictions se sont particulièrement accentuées depuis le retour au pouvoir de Donald Trump à Washington, créant un contexte géopolitique complexe pour les enquêtes réglementaires.

La DPC a précisé avoir prévenu lundi le réseau social de l'ouverture de cette nouvelle enquête. Contacté par l'AFP, X n'avait pas répondu dans la soirée de lundi, laissant planer le silence sur la position officielle de la plateforme face à ces accusations sérieuses.

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