Un collier IA qui voulait devenir votre meilleur ami
Le pendentif Friend, présenté comme un ami imaginaire dopé à l'intelligence artificielle, ne sera finalement pas commercialisé dans l'immédiat en France ni dans l'Union européenne. Cette décision intervient après une controverse grandissante concernant la protection des données personnelles et les implications psychologiques d'un tel dispositif.
Une campagne publicitaire qui a fait polémique
Dans le métro parisien, une vaste campagne publicitaire avait intrigué les voyageurs avec des messages comme « Je serai toujours d'accord pour prendre un café avec toi » ou « je ne laisserai jamais de vaisselle dans l'évier ». Cette opération, qui aurait coûté un million d'euros selon RTL, a rapidement suscité des réactions hostiles, avec des graffitis dégradant les affiches. Certains slogans présentaient même des fautes d'orthographe, ce qui a ajouté à la perplexité générale.
Des données personnelles qui inquiètent
Le député écologiste Jérémie Iordanoff avait alerté la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) sur les possibles manquements au respect de la vie privée. En effet, le site de l'entreprise indique clairement que les données enregistrées par le collier peuvent être divulguées à « des autorités gouvernementales ou autres tiers ». Le dispositif, qui écoute les conversations et envoie des SMS via l'IA Gemini de Google, soulève donc de sérieuses questions sur la confidentialité des informations collectées.
Le RGPD impose un report de commercialisation
La start-up américaine Friend a finalement décidé de repousser la mise en vente de son produit pour se conformer au Règlement européen sur la protection des données (RGPD). « Nous voulons nous assurer que nous sommes entièrement conformes au RGPD avant d'expédier le pendentif à l'UE », a déclaré Avi Schiffmann, le directeur général de 23 ans. Ce jeune développeur défend pourtant son concept avec conviction, affirmant qu'il est tout à fait possible d'être ami avec une intelligence artificielle.
Un succès mitigé aux États-Unis
Vendu 113 euros dans l'Union européenne, le collier Friend s'est écoulé à 3 000 exemplaires aux États-Unis selon le magazine Fortune. Le créateur Avi Schiffmann, interrogé par M6 en février, expliquait sa vision : « Le quelque chose peut devenir quelqu'un. Les gens ont cette réticence parce qu'ils ne voient pas l'IA comme étant vivante. Nous avons plein de connexions différentes avec des chiens, des enfants, des chats... Il n'y a pas besoin qu'elle soit humaine pour ressentir une connexion ».
Les critiques s'accumulent
Au-delà des questions juridiques, le concept même de ce collier ami imaginaire suscite des inquiétudes sur la santé mentale. Des observateurs pointent le risque de renforcer les liens parasociaux au détriment des relations humaines authentiques. La polémique, amplifiée par les réseaux sociaux, montre que l'innovation technologique doit composer avec des considérations éthiques et sociétales de plus en plus prégnantes.



