La publicité Ring du Super Bowl qui a fait frémir l'Amérique
Rechercher Rocky, un chihuahua de 7 ans égaré, relevait traditionnellement de la pose d'affichettes dans le quartier. Mais lors de la soirée du Super Bowl, le 8 février, Ring – la filiale d'Amazon spécialisée dans les alarmes domestiques – a présenté dans une publicité une vision bien plus efficiente. Il suffirait de poster la photo du chien dans l'application Ring, et une intelligence artificielle (IA) tracerait automatiquement sa piste en analysant les images enregistrées par les caméras extérieures des maisons avoisinantes. Big Brother vous observe désormais depuis le porche de vos voisins.
Un effet inverse immédiat et des réactions alarmées
Théoriquement, les publicités sont conçues pour susciter l'envie de consommer un produit ou un service. Celle-ci a produit l'effet diamétralement opposé, déclenchant un frisson collectif sur les dangers potentiels de telles fonctionnalités, susceptibles de dériver rapidement vers une surveillance de masse généralisée. Des caméras de sécurité devant l'université Columbia, à New York, le 3 septembre 2024, illustrent déjà cette omniprésence technologique. Sous une pression publique croissante, Amazon a annoncé, jeudi 12 février, qu'il renonçait à s'associer avec Flock Safety.
Le partenariat avorté avec Flock Safety
Flock Safety est une entreprise technologique exploitant un vaste réseau de caméras capable d'identifier en temps réel les plaques d'immatriculation pour le compte des forces de police. En octobre 2025, les deux partenaires avaient dévoilé leur projet ambitieux d'ouvrir aux propriétaires de caméras Ring la possibilité de partager leurs vidéos directement avec les autorités. Cette initiative visait à créer un écosystème de surveillance interconnecté, mais elle a finalement été abandonnée face aux critiques.
Le débat sur l'IA et la surveillance s'intensifie aux États-Unis
À l'image d'Amazon, les principaux acteurs de la technologie se retrouvent sur la sellette alors que le débat national sur l'utilisation de l'intelligence artificielle à des fins de surveillance, voire de traque, enfle considérablement. Samedi 14 février, le Wall Street Journal a révélé que le Pentagone avait eu recours à Claude, l'agent IA développé par Anthropic, dans le cadre de l'opération commando ayant permis d'enlever le président vénézuélien, Nicolas Maduro, à Caracas. Selon des sources anonymes citées par le quotidien américain, cette utilisation s'est faite via le partenariat stratégique noué entre Anthropic et Palantir Technologies, la société d'analyse de données qui collabore étroitement avec le gouvernement américain.
Cette révélation ajoute une couche supplémentaire de complexité et d'inquiétude, soulignant comment les technologies civiles peuvent être détournées à des fins militaires ou de renseignement. La frontière entre sécurité et intrusion devient de plus en plus poreuse, et les citoyens comme les législateurs commencent à exiger des garde-fous stricts. L'épisode Ring démontre que même les applications les plus banales, comme retrouver un animal de compagnie, peuvent ouvrir la boîte de Pandore de la surveillance généralisée.



