Pour sa 13e édition, le Monaco Energy Boat Challenge franchit un cap technologique historique au sein de sa catégorie dédiée à l'intelligence artificielle : pour la première fois, les navires autonomes s'affrontent sur l'eau sans aucun superviseur humain à bord.
Une catégorie AI sans pilote humain
Chaque année, le Monaco Energy Boat Challenge réunit sur les quais du Yacht-club de Monaco des étudiants, chercheurs et industriels venus tester les solutions qui équiperont les navires de demain : batteries plus performantes, propulsion à hydrogène ou au méthanol, foils, nouveaux matériaux. « Ce n'est pas une course de bateaux. Nous montrons ce qui est possible et nous repoussons les frontières de la technologie », résume Szilard Czibere, Innovation manager du Yacht-club de Monaco.
Cette année, l'une des principales nouveautés concerne la classe AI (Intelligence artificielle), dédiée aux bateaux autonomes. Après une première expérimentation l'an dernier avec un superviseur humain présent à bord, les embarcations évoluent désormais sans aucune personne à leur bord. « L'année dernière, nous avions des bateaux totalement autonomes avec un superviseur humain. Cette année, nous avons retiré ce superviseur, ce qui nous a obligés à renforcer les systèmes de sécurité et les fonctionnalités embarquées », explique Szilard Czibere.
Des cerveaux électroniques à bord
Pour parvenir à naviguer seuls, ces bateaux embarquent de véritables cerveaux électroniques. Ils sont équipés d'algorithmes d'intelligence artificielle associés à une multitude de capteurs : LIDAR (télédétection par impulsions lumineuses), radars et caméras analysent en permanence les alentours. Toutes ces données sont traitées en temps réel afin que le bateau puisse identifier les obstacles, comprendre ce qui l'entoure et prendre seul les bonnes décisions de navigation. « Les bateaux sont capables de détecter et de comprendre leur environnement, puis de prendre des décisions en fonction de leur mission autonome », résume le responsable innovation.
Un engouement croissant pour la navigation autonome
L'intérêt pour cette catégorie explose. Quatre équipes seulement étaient engagées l'an dernier. Elles sont désormais neuf à relever le défi, signe que la navigation autonome devient un véritable sujet de recherche dans le monde maritime. Parmi elles figure l'équipe polonaise AGH Solar Boat, habituée du rendez-vous monégasque. Présente pour la huitième fois, elle a dû adapter en quelques mois son bateau solaire aux nouvelles règles. L'une des principales difficultés a consisté à intégrer, en urgence, un système de contrôle à distance sécurisé. « Nous utilisons une liaison radio et nous devions garantir que tout le système soit totalement sûr », explique Michał Zawada, le coordinateur de l'équipe. Une précaution indispensable alors que les bateaux évoluent désormais sans aucun pilote à bord.
Pour les étudiants, ces prototypes restent encore des laboratoires roulants plutôt que des produits commercialisables. « Il y a encore beaucoup de développement à faire. Aujourd'hui, ce sont des prototypes, mais je pense que dans quelques années, nous pourrons réaliser de grands progrès », estime-t-il.



