CHU de Montpellier : une IA 100% interne pour révolutionner la santé
CHU de Montpellier : une IA 100% interne pour la santé

Le CHU de Montpellier a reçu 14,9 millions d'euros de l'État pour développer le premier projet d'intelligence artificielle (IA) entièrement conçu au sein d'un hôpital français. Ce projet, nommé Alliance-Santé IA, vise à accélérer l'intégration de l'IA dans les pratiques hospitalières et la recherche médicale.

Un projet pilote unique en France

Lors d'une journée consacrée à l'innovation en santé, le mardi 16 juin, au CHU de Montpellier, les responsables ont présenté ce projet de ChatGPT 100 % interne à l'hôpital. Une rareté, car 90 % des entraînements d'IA dans le monde sont américains ou chinois. Bruno Bonnell, secrétaire général pour l'investissement en charge de France 2030, a souligné que "ici, il y a toutes les bases pour faire entrer l'IA dans le domaine de la santé et pour développer un projet modèle pour le reste du territoire".

Cette visite était la 11e et dernière étape du tour de France de l'innovation en santé, lancé en avril 2025. Anne Ferrer, directrice générale du CHU de Montpellier, a déclaré : "Avec Alliance Santé-IA, nous souhaitons donner corps en trois ans à une nouvelle évolution de l'hôpital public en augmentant ses missions de soins, d'enseignement, de recherche et de pilotage par l'IA."

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Un contexte favorable et des investissements massifs

Bruno Bonnell a rappelé que 10 milliards d'euros sont consacrés à l'IA sur les 54 milliards investis sur cinq ans dans le cadre de France 2030. Le même jour, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé 655 millions d'euros supplémentaires pour le développement de l'IA.

Dans le domaine de la santé, l'IA peut bénéficier aux patients avec des diagnostics plus précoces et des traitements personnalisés, aux soignants en simplifiant les tâches administratives, et aux chercheurs avec des accès sécurisés à des infrastructures souveraines, a expliqué Nicolas Jeanjean, directeur adjoint de la recherche et de l'innovation au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Le Pr Guillaume Cartron, responsable du service hématologie clinique, a ajouté : "Les outils d'IA doivent nous permettre d'innover dans la façon de conduire un essai clinique. Ils peuvent aussi nous aider à transformer nos métiers de la recherche et du soin avec des données transmises en temps réel."

Des applications concrètes et sécurisées

Plus de 200 agents du CHU participent actuellement à une étude sur l'IA. Celle-ci pourrait particulièrement profiter aux services les plus surchargés, comme les urgences. Une étude menée auprès de 120 familles a permis de rédiger des comptes rendus plus détaillés. Actuellement, 1 600 études cliniques sont en cours au CHU.

L'IA ne concerne pas seulement le soin et la recherche, mais aussi la formation, la logistique et les ressources humaines. Camille Conan a précisé que l'IA peut aider à l'évaluation annuelle de plus de 9 000 agents et 600 managers. L'école de la transformation hospitalière, interne au CHU, utilise également l'IA pour optimiser les dépenses et les recettes ou rédiger des marchés publics.

Le Pr David Morquin, directeur de la gouvernance des données et de l'IA au CHU, a résumé : "L'IA est la seule façon d'avoir un modèle économique soutenable."

Le projet repose sur une alliance public-privé, mais les données restent sécurisées. Paul Rinaudo, CEO d'Adlin Science, a assuré : "Nous n'avons jamais accès aux données, elles restent à l'hôpital." Nicolas Jeanjean a conclu : "Ce projet autour de l'IA repose sur une alliance entre public et privé, car nous n'avons plus les moyens de nous éparpiller."

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