Cent cinquante-trois jours au lieu de trois ans pour un voyage sur Mars ? C'est la conclusion d'une étude théorique menée par le Brésilien Marcelo de Oliveira Souza, rapporte Live Science. Pour ses travaux, le cosmologiste s'est inspiré des premières estimations orbitales de 2001 CA21, un astéroïde qui croise à la fois l'orbite terrestre et celle de Mars. Ce qui lui a permis d'envisager des trajectoires entre la planète rouge et la Terre bien plus courtes.
Des missions martiennes actuellement très longues
Aujourd'hui, un aller simple vers Mars prend sept à dix mois. Mais comme l'alignement favorable des deux planètes ne se produit que tous les vingt-six mois, il faut attendre le bon moment pour repartir. La durée totale d'une mission est donc estimée à près de trois ans. En observant les premières estimations de la trajectoire de l'astéroïde 2001 CA21 lors de l'opposition d'octobre 2020 (moment où la Terre et Mars sont parfaitement alignées du même côté du Soleil), le chercheur s'est aperçu qu'elles dessinaient un chemin géométrique très direct. Il a donc envisagé des fenêtres de tir jusque-là ignorées pour fouler la planète rouge.
Un aller en 33 jours
Publiée dans Acta Astronautica, son étude indique que le meilleur moment pour aller sur Mars est de saisir l'opposition d'avril 2031. Dans la perspective la plus rapide, il faudrait 33 jours pour rejoindre la planète rouge, 30 jours sur la surface martienne et 90 jours pour revenir. La mission ne durerait alors que 153 jours. Mais attention : cette hypothèse exige une vitesse de départ de 32,5 km/s et une arrivée à environ 108 000 km/h, précise Science et Vie. Soit des estimations très éloignées des capacités technologiques actuelles. Jusqu'à présent, la sonde New Horizons est l'engin le plus rapide jamais lancé depuis la Terre, à une vitesse de 16,26 km/s.
Des évolutions technologiques nécessaires
C'est pourquoi le chercheur brésilien a envisagé une option moins ambitieuse, nécessitant des vitesses de lancement plus faibles. Si l'engin quitte la Terre à 16,5 km/s, il peut rejoindre Mars en 56 jours. La mission durerait alors 226 jours. Il faudra tout de même élaborer de nouveaux systèmes de freinage, sans quoi le vaisseau risque de s'écraser. Les défis technologiques restent immenses, mais Marcelo de Oliveira Souza estime que des engins de nouvelle génération comme le Starship de SpaceX ou le New Glenn de Blue Origin pourraient permettre de transformer cette théorie en réalité.



