Souveraineté numérique : pourquoi la France doit reprendre le contrôle de ses données
Souveraineté numérique : reprendre le contrôle des données

Un autre numérique est possible : l'analyse de Thomas Balladur sur la souveraineté des données

Dans une chronique publiée le 21 mars 2026 dans Midi Libre, Thomas Balladur, cofondateur et directeur général d'Interstis Solutions, interroge la sécurité de nos données numériques et défend l'idée d'une souveraineté numérique renforcée pour la France.

Les trois étages de la souveraineté numérique

La souveraineté numérique, selon Balladur, est la capacité d'un État à faire des choix autonomes dans le domaine numérique, sans dépendre d'acteurs étrangers. Il la compare à un bâtiment à trois étages :

  • Le premier étage concerne la localisation des données : où sont-elles stockées ?
  • Le deuxième étage porte sur leur exploitation : qui est l'opérateur ?
  • Le troisième étage interroge leur maintenance : qui les entretient ?

Pour que la souveraineté soit réelle, ces trois niveaux doivent être assurés par des acteurs français. Si l'un d'eux fait défaut, l'ensemble du système devient vulnérable.

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Les risques de la dépendance aux géants américains

Balladur illustre son propos avec l'exemple d'une mairie qui héberge ses données en France, les fait opérer par un acteur français, mais les confie à un mainteneur américain. Dans ce cas, la chaîne de souveraineté est brisée. Les données sont alors soumises aux lois étrangères, comme le Cloud Act ou le FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act), qui permettent aux autorités américaines d'y accéder sans consentement ni notification.

Ceci est totalement contraire au RGPD (Règlement général de la protection des données), mais reste légal dans le cadre juridique américain. En France, près de 90 % des environnements numériques de travail, du stockage des données des entreprises et des administrations publiques dépendent de Microsoft, un acteur américain. Ainsi, si les États-Unis souhaitent récupérer des données sensibles, comme celles d'un ministère ou d'une préfecture, ils peuvent le faire sans opposition.

Les alternatives françaises existent

Pourtant, Balladur souligne que chaque solution étrangère a son équivalent français. Des plateformes comme alternatives-numeriques.fr, european-alternatives.eu ou grenouillemoi.fr offrent des options sécurisées et locales. En optant pour ces alternatives, les utilisateurs, qu'ils soient particuliers ou professionnels, démontrent qu'un autre numérique est possible, réduisant ainsi les risques juridiques et financiers.

Il rappelle également les risques financiers associés à la dépendance, notamment liés aux data centers, comme celui de Montpellier. En choisissant des solutions françaises, la France peut renforcer sa cybersécurité et sa souveraineté économique.

Une sensibilisation nécessaire

Balladur conclut en appelant à une prise de conscience collective. Des initiatives comme la sensibilisation des maires à la cybersécurité par Interstis Solutions sont cruciales pour bâtir un écosystème numérique résilient et indépendant.

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