« Maîtriser nos dépendances numériques ». Placardé sur les murs du Grand Palais de Lille, le mot d'ordre de la dernière édition du salon cyber FIC était clair. Paradoxalement, l'un des cuisants rappels de notre dépendance numérique était aussi présent en grande pompe. Hornet Security occupait un vaste hall, paré des couleurs de l'entreprise, avec mascottes, super-héros en costume flashy, et même un mini-circuit de karting.
Une pépite allemande devenue américaine
Dans le milieu de la cybersécurité, tout le monde connaît l'histoire d'Hornet Security. Pépite allemande créée en 2007, spécialisée dans la sécurité du cloud, Hornet avait racheté en 2024 Vade, une start-up française éditrice de logiciels de protection des mails, qui avait été décrite comme « l'une des entreprises les plus prometteuses » de la cyber par Emmanuel Macron en 2021.
Un rachat qui inquiète
Mais la success story européenne a pris du plomb dans l'aile en 2025, lorsque Hornet s'est fait à son tour racheter par le géant américain ProofPoint. Malgré les alertes d'un député et d'un sénateur, qui demandaient une action du gouvernement pour bloquer le rachat, ce dernier est approuvé. Pour 1,8 milliard de dollars, Vade et Hornet Security basculent sous pavillon américain.
Ce rachat soulève des questions sur la souveraineté numérique européenne. Alors que le salon FIC prône la maîtrise des dépendances, l'acquisition d'un acteur majeur de la cybersécurité européenne par une entreprise américaine illustre la difficulté de maintenir une indépendance technologique face aux géants d'outre-Atlantique.



