La France est le pays européen le plus touché par les cyberattaques au premier semestre 2026, avec 43,4 millions de comptes dont les données ont été volées et diffusées, selon l'entreprise de cybersécurité Surfshark, basée aux Pays-Bas. Ce chiffre, révélé dans une étude mise à jour le 21 juillet, place la France devant le Royaume-Uni (7 millions de comptes) et seulement derrière les États-Unis (90,8 millions) au niveau mondial.
Des attaques en série contre l'administration
Depuis quelques semaines, plusieurs services publics ont subi des intrusions informatiques : l'Insee en juin, un prestataire de Santé publique France, le fisc, et l'Éducation nationale, comme l'a révélé le ministre de l'Action et des Comptes publics ce mardi. Les données personnelles de nombreuses personnes ont pu être volées puis revendues.
Sur les réseaux sociaux, des internautes qualifient la France de « passoire » en matière de protection des données. Le hackeur éthique Clément Domingo (alias Saxx) écrit sur X : « La France est la plus grande passoire numérique ». D'autres affirment que la France serait « l'un des pays les plus piratés au monde ». Qu'en est-il réellement ?
Des chiffres records mais à nuancer
Selon Surfshark, les 43,4 millions de comptes compromis ne signifient pas que 43,4 millions de Français ont été victimes : une même personne peut avoir plusieurs comptes touchés. Sur la période 2004-2026, la France cumule 758,6 millions de comptes compromis, toujours le record européen, mais loin derrière la Chine (2 milliards), la Russie (3,3 milliards) et les États-Unis (4,7 milliards).
Le think tank estonien e-Governance Academy classe pourtant la France 15e au rang des nations les plus cybersécurisées, devant le Royaume-Uni (41e), ce qui nuance le sentiment d'insécurité généralisée.
L'administration publique, point faible hexagonal
Un rapport de l'Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité (Enisa), publié en octobre, recense 4 875 incidents entre juillet 2024 et juin 2025. La France est le pays de l'UE le plus cité dans les incidents touchant l'administration publique (27 %), suivie de l'Italie (26,3 %), de l'Allemagne (16,2 %) et de l'Espagne (15,3 %).
En revanche, la France n'est pas le pays le plus mentionné dans les réclamations liées aux rançongiciels et aux violations de données : l'Allemagne (23,4 %), l'Italie (11,33 %) et l'Espagne (9,8 %) devancent la France (9,5 %).
Ces données confirment que la France est particulièrement exposée dans le secteur public, mais pas nécessairement la plus vulnérable dans l'ensemble des cybermenaces. Les autorités devront renforcer la protection des systèmes d'information de l'État pour endiguer cette vague d'attaques.



