L'UTS Nîmes, laboratoire du tennis de demain selon Patrick Mouratoglou
Alors que la deuxième édition de l'UTS Nîmes s'apprête à se dérouler les 3 et 4 avril dans les arènes historiques, son organisateur Patrick Mouratoglou défend avec conviction ce format hybride entre sport et spectacle. Face au constat alarmant d'une fan base du tennis traditionnel vieillissante – l'âge moyen des supporters réguliers atteint désormais 61 ans – l'ancien entraîneur voit dans l'Ultimate Tennis Showdown la réponse adaptée aux nouvelles générations.
Un succès populaire confirmé
« Le bilan de la première édition est sans appel : un vrai succès populaire », affirme Patrick Mouratoglou. « Nous avons été complets le samedi et presque le vendredi également, soit environ 20 000 personnes sur les deux jours. L'ambiance dans les arènes de Nîmes était tout simplement incroyable, comparable à celle d'un match de football ou même d'une corrida. »
Les joueurs professionnels, séduits par cette atmosphère unique, ont répondu présent. Andrey Rublev, classé 16e mondial, fait son retour après avoir participé à l'édition inaugurale. « Les athlètes adorent particulièrement le stade qui les sidère », confie l'organisateur, citant l'émerveillement du jeune Américain Ben Shelton lors de sa première visite.
Un format repensé pour séduire la jeunesse
Le créateur de l'UTS insiste sur l'urgence de renouveler l'audience du tennis : « La base de fans vieillit chaque année sans nouveaux entrants jeunes. Avec un milliard de pratiquants dans le monde, il faut absolument penser à l'avenir. Le tennis s'occupe du présent, l'UTS s'occupe de l'avenir. »
Pour y parvenir, l'événement mise sur plusieurs innovations :
- Un format raccourci, rapide et dynamique
- Des DJ qui rythment les rencontres (Yann Muller le vendredi, The Avener le samedi)
- Une nouvelle compétition pros/amateurs baptisée « Normal cup »
- Un prize-money attractif d'un million de dollars
« Le sport moderne est justement la conjonction du spectacle et du sport », analyse Mouratoglou. « Nous avons revisité le format du tennis pour créer une nouvelle fan base, en répondant aux modes de consommation des jeunes générations. »
Complémentarité face à la concurrence
Interrogé sur la relation entre l'UTS et le circuit traditionnel, l'organisateur se veut rassurant : « L'UTS n'est pas un concurrent du tennis, je l'ai toujours dit, c'est du tennis. Nous sommes complémentaires. » En revanche, il identifie clairement le padel comme un rival direct : « Le padel est un format peut-être plus adapté à la consommation actuelle, moins contraignant que le tennis. »
Malgré l'absence cette année des stars Carlos Alcaraz et Jannik Sinner – « une question de calendrier saturé et de prize-money peut-être insuffisant pour eux » – l'édition 2026 promet d'attirer les meilleurs mondiaux. Seuls Novak Djokovic, Sinner et Alcaraz n'ont encore jamais disputé l'UTS parmi l'élite.
Alors que l'Open Sud de France démontre la bonne santé régionale de l'écosystème tennis traditionnel, Patrick Mouratoglou persiste : le véritable défi réside dans le renouvellement générationnel des spectateurs. L'UTS Nîmes se positionne ainsi comme laboratoire expérimental pour séduire ceux qui assureront l'avenir de la discipline.



