Le club de handball de Metz, sacré champion d'Europe en juin dernier, n'a pas été reçu à l'Élysée par le président de la République, une décision qui suscite déception et amertume au sein du club mosellan. Cette absence de reconnaissance contraste avec le traitement réservé au Paris Saint-Germain, vainqueur de la Ligue des champions de football quelques jours plus tôt.
Une victoire historique sans écho présidentiel
Le 7 juin dernier, à Budapest, les joueuses de Metz ont créé l'exploit en battant Györ, le club hongrois tenant du titre, devenant ainsi le premier club français à soulever la Ligue des champions de handball. Cette victoire, survenue une semaine après le sacre des footballeurs du PSG dans la même enceinte, n'a pourtant pas donné lieu à une réception à l'Élysée.
L'entraîneur de Metz, Emmanuel Mayonnade, a exprimé sa déception lors d'une journée presse de rentrée de la Ligue féminine de hand. « Le PSG en football a été reçu quelque temps avant, là je n'ai pas trouvé cela normal du tout, a-t-il déclaré. Je suis très déçu, pas pour moi, mais pour toutes les femmes, et les hommes, qui défendent des combats. Je n'ai pas d'explication rationnelle à cela. »
Un « goût amer » pour le président du club
Thierry Weizman, président de Metz, a également déploré « le peu de reconnaissance à la tête de l'État », évoquant un « goût amer ». Dans des propos rapportés par Le Figaro, il a déclaré : « J'aurais vraiment aimé qu'Emmanuel Macron reçoive les filles, ainsi que la ministre des Sports, puisque tout le monde parle de parité, de sport féminin. C'était vraiment le moment de donner un coup de pouce. Ça n'a pas été fait pour des raisons qui leur sont propres et que je respecte, mais je constate que rien n'a été fait pour nous. »
Emmanuel Mayonnade, qui entraîne Metz depuis dix ans, a également souligné la différence de traitement entre les deux clubs : « Je compare des équipes de clubs qui ont gagné la même chose, le même trophée, avec des ressources différentes. Je n'ai pas envie d'en faire une histoire politique, mais on connaît l'actionnariat parisien, ici ce n'est que du local, des structures messines et régionales. »
Un symbole pour le sport féminin
Cette absence de réception intervient dans un contexte où la question de la reconnaissance du sport féminin est régulièrement soulevée. Le club de Metz, qui s'appuie sur des structures locales et régionales, espérait que cette victoire historique serait l'occasion de mettre en lumière le handball féminin français. La déception est d'autant plus forte que le club a réalisé un exploit majeur en battant Györ, l'une des équipes les plus titrées d'Europe.
Alors que le sport féminin est au cœur des débats sur la parité, cette affaire relance la question de la visibilité et de la reconnaissance des championnes françaises. Les joueuses de Metz, elles, peuvent se consoler avec leur trophée, mais l'absence de reconnaissance officielle laisse un goût d'inachevé dans cette saison historique.



