Julianna Munanoa, gardienne du TMV : de Sydney à Toulon
Julianna Munanoa, gardienne du TMV : de Sydney à Toulon

Julianna Munanoa, gardienne du Toulon métropole Var handball, a disputé cinq rencontres en LFH la saison dernière, lançant véritablement sa carrière professionnelle sur la rade. Née à Sydney en Australie, formée entre la Nouvelle-Calédonie et le Centre-Val de Loire, elle est aujourd'hui une Varoise épanouie, forte d'un parcours hors norme.

Un parcours qui commence à Sydney et Nouméa

L'aventure de Julianna Munanoa commence loin du Var, en Australie. « Je suis née à Sydney en Australie, on est des triplées avec mes sœurs et l'hôpital de Nouméa ne pouvait pas s'occuper de ma mère, alors elle est allée accoucher là-bas », explique-t-elle. Issue d'une famille recomposée, avec deux grands frères et une grande sœur de plus de 10 ans ses aînées, elle avoue : « J'ai toujours rêvé de partir de chez moi. »

Très vite, elle quitte le cocon familial. En CE2, avec l'une de ses sœurs jumelles, elle passe du privé au public. « Je voulais du changement ! » s'exclame-t-elle. Déjà formée au handball à la JS du Mont-Dore, club dirigé par sa tante et son oncle, elle intègre le pôle de Nouvelle-Calédonie quelques années plus tard, toujours avec sa sœur jumelle.

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La révélation au poste de gardienne

Au pôle, dans une classe sport étude avec des footballeuses, des handballeurs, des rugbymen, des karatékas et un lanceur de javelot, elle découvre la vie en internat « du dimanche au vendredi soir ». C'est là qu'elle devient gardienne : « Je suis devenue gardienne parce que je ne courais pas, j'étais obèse », se marre-t-elle. Elle s'accroche d'abord « pour jouer au handball, pour rester au pôle ».

Repérée lors de son premier interpôle dans l'Hexagone en 2020, elle est convoquée pour un stage national fédéral. Mais le Covid passe par là, annulant le regroupement. « Je me suis même un peu relâchée suite à ça, j'avais atteint un objectif auquel je n'avais jamais pensé, je suis retombée dans mes travers sur l'alimentation », se souvient-elle. Le pôle Nouvelle-Calédonie ne la lâche pas : « même en plein confinement on avait des circuits d'entraînement à faire, ça m'a beaucoup aidé ».

L'arrivée dans le Loiret et la reconnaissance

Retenue par le pôle Centre-Val de Loire lors d'un nouvel interligue, elle intègre le club de Fleury Loiret Handball. « C'est comme ça que je débarque dans le 45 ! » Elle y rencontre son père et sa mère d'accueil, Marie et Gégé. « Ils ont été bienveillants avec moi, m'ont toujours soutenue, si je joue aujourd'hui, c'est beaucoup grâce à eux », raconte-t-elle avec reconnaissance.

Julianna Munanoa n'oublie personne : « Madeline Faupala m'a appris les bases, Olivia Vaïtanaki m'a accompagnée pendant toutes mes années au pôle Nouvelle-Calédonie, Mélodie Rapsode m'a appris à gérer l'aspect mental et la confiance qu'il faut avoir dans une cage, Jonathan Mouton m'a montré l'exigence du haut niveau, Pierre Prioux m'a fait bosser mes passes et mes relances… »

Une Varoise épanouie

Aujourd'hui, le Var a sa place dans sa vie : « Je me sens bien, je sais que je veux être une handballeuse pro à Toulon, aujourd'hui je n'ai pas de regrets, d'avoir quitté ma famille, d'avoir quitté mon pays », confie-t-elle avec passion. Entre courir ou mourir, partir ou rester, elle a choisi de vivre, et le destin a fait le reste.

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