Snowboardcross : un bronze en mixte sauve l'honneur des Bleus aux JO malgré les désillusions
Snowboardcross : un bronze sauve l'honneur des Bleus aux JO

Un bronze en mixte pour sauver l'honneur du snowboard français

Le dernier jour de compétition pour le snowboard français n'a pas dérogé à la règle établie durant ces Jeux Olympiques : des départs explosifs, une glisse impeccable sur la majeure partie du parcours, puis cette tendance frustrante à voir l'avantage fondre dans les derniers mètres, souvent sur le saut final. Cette fois cependant, il y a eu une médaille au bout du chemin, mais la troisième place arrachée par le duo Loan Bozzolo et Léa Casta en épreuve mixte ressemble à un strict minimum pour une délégation française arrivée en Lombardie avec de grandes ambitions, portée par sa capitaine Chloé Trespeuch.

Le soulagement d'éviter un échec historique

Au-delà du fait de permettre à la France d'égaler son record de médailles dans une édition des Jeux d'hiver (15), cette médaille de bronze apporte surtout un immense soulagement. Elle permet d'éviter l'échec cuisant qu'aurait constitué une première participation sans le moindre podium depuis l'introduction du snowboardcross olympique en 2006. « C'est une belle récompense. La magie des Jeux olympiques, on l'a enfin vraiment vécue. Cette médaille on l'offre aussi à la France. Il y a une justice quand même », a déclaré avec émotion Loan Bozzolo après la course.

Pour leurs coéquipiers, ce bronze a une saveur particulière. « Ça donne du baume au cœur, on ne s'est pas plantés à 100% », a résumé Julia Pereira de Sousa, qui terminait cinquième avec Aïdan Chollet après avoir remporté la petite finale, un symbole fort de ces Jeux où les Français ont souvent frôlé sans saisir.

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Des ambitions déçues en individuel

La déception reste cependant palpable dans le camp français, particulièrement après les épreuves individuelles où les Bleus ont multiplié les places d'honneur sans parvenir à monter sur le podium. « On se pensait peut-être un petit peu sur le toit du monde. Je pense qu'on va tous se remettre en question et essayer de trouver où ça a coincé », a analysé Julia Pereira de Sousa, refusant de chercher des excuses face aux performances en deçà des attentes.

Les statistiques parlent d'elles-mêmes :

  • Chez les hommes : Aïdan Chollet, son frère Jonas et Loan Bozzolo ont pris les places 4, 5 et 6 respectivement.
  • Chez les femmes : Léa Casta (malade pendant l'individuel), Julia Pereira et Chloé Trespeuch ont toutes échoué avant la finale.

Même le jour de l'épreuve mixte, où la France alignait trois équipes et était la nation la mieux représentée, le résultat final laisse un goût d'inachevé. « C'est frustrant », a réagi Chloé Trespeuch, éliminée en quarts avec Jonas Chollet. « J'ai fait des runs rapides ici, mais jamais au bon moment », a ajouté la double médaillée olympique, déplorant également le parcours jugé trop facile de Livigno.

Des interrogations techniques et un regard vers l'avenir

Plusieurs pistes d'explication émergent des déclarations des athlètes. « On aime quand c'est engagé, quand c'est un spectacle. Là, c'était moins ça. Mais la beauté du snowboardcross, c'est que tous les parcours sont différents. Il faut savoir être bon partout », a tempéré Chloé Trespeuch.

Julia Pereira de Sousa a évoqué un possible désavantage physique sur certains profils de parcours : « Il y a un peu d'aspiration c'est vrai mais partir derrière ne sera jamais la stratégie de la France. Après c'est vrai qu'on est peut-être un peu légers quand on se retrouve devant de gros costauds qui arrivent vraiment à étaler la pression sur des parcours plus lents comme celui-là. »

Malgré tout, l'optimisme reste de mise pour l'avenir. Loan Bozzolo a même lancé une promesse : « Si on avait donné un parcours un peu plus pentu peut-être qu'on aurait eu la médaille d'or mais on l'aura en France », visant clairement les Jeux Olympiques de 2030. Un axe de progression manifeste, même si Kevin Strucl, l'entraîneur de l'équipe de France, ne veut pas réduire le problème à une simple question de physique.

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« Ce n'est pas juste une question de manger parce que sinon on serait allé au self et on serait restés deux jours là-bas », a-t-il affirmé avec humour, avant d'ajouter plus sérieusement qu'il « ne faudra pas se cacher derrière cette médaille pour chercher ce qui n'a pas marché » et revenir plus fort dans quatre ans. Cette médaille de bronze, si elle sauve les apparences, doit donc servir de tremplin pour une remise en question approfondie en vue des prochains grands rendez-vous.