La déception olympique de Clément Noël à Bormio
De notre envoyé spécial à Milan-Cortina. Sixième sur la première manche du slalom des Jeux Olympiques d'hiver 2022 à Pékin, Clément Noël avait réalisé une remontée spectaculaire pour décrocher l'or. Ce lundi à Bormio, lors des JO 2026, le Vosgien nourrissait l'espoir de réitérer cet exploit, malgré un écart plus important (7e à 1''96 du leader contre 0''38 en 2022).
Une ambition éteinte en huit secondes
Le porte-drapeau français avait pourtant annoncé ses intentions à la mi-journée : « Je vais me battre fort en deuxième manche, je vais tout envoyer ». Cette fois, c'était son entraîneur qui était chargé de préparer le tracé. Mais l'ambition de Clément Noël s'est éteinte au bout de seulement huit secondes, lorsque le skieur de 28 ans a enfourché deux portes.
Cette image marque la fin des JO 2026 pour le slalom tricolore et, plus globalement, pour tout le ski alpin masculin français, qui repart avec un bilan de zéro médaille. « Il n'y avait rien du tout », a pesté Clément Noël après sa course.
Un constat lucide et amer
« Ça fait longtemps que je ne suis pas passé à côté d'un événement comme je l'ai fait aujourd'hui », regrettait-il au micro de France TV. « Rien n'allait dans mon sens. J'ai entrecoupé des bonnes sections par beaucoup de fautes sur la première manche et sur la deuxième, je me sentais conquérant mais j'ai très rapidement commis une erreur. J'ai fait ce que j'ai pu, et aujourd'hui ça n'était pas grand-chose. »
Un constat tranchant et lucide que le tenant du titre, qui avait également enfourché en deuxième manche lors des Championnats du monde de Saalbach 2025 (alors qu'il avait remporté la première), a ensuite appuyé sur Eurosport.
« Les Jeux m'ont toujours énormément fait vibrer mais là je n'en retire pas beaucoup de positif. Hier soir, je regardais un film et le mec disait 'le plus important dans la vie, c'est le panache'. Je me suis dit que c'était vrai. Mais je n'ai eu aucun panache aujourd'hui, il n'y avait rien du tout, des erreurs et des approximations. On a l'impression que ce sont mes premiers Jeux, que j'avais trop de tension. »
Steven Amiez, meilleure note française du jour
C'est finalement Steven Amiez qui a apporté la meilleure performance du jour pour les Bleus, grâce à sa deuxième manche cohérente (9e temps), pour au final une 18e place à 3''98 du nouveau champion olympique, le Suisse Loïc Meillard.
Tellement peu quand on sait que Clément Noël mais aussi Paco Rassat, éliminé dès la première manche sur sortie de piste, étaient perçus comme de grands espoirs de médailles, au vu de leur belle saison de Coupe du monde. Le seul titre de l'alpin français sur ces Jeux en Italie reste donc pour Romane Miradoli en Super G.
Un constat au lance-flammes pour l'équipe de France
De quoi pousser Clément Noël à un autre constat au lance-flammes, dès la fin de la première manche sur Eurosport : « C'est quand même un peu la honte pour l'équipe franchement. On a vraiment montré une très mauvaise image sur cette première manche. On est capable de beaucoup mieux que ça. Pour ceux qui ne suivent pas toute la saison, ils ne le savent pas forcément mais on est normalement meilleurs que ça. »
Pas certain que cette triste prestation olympique pousse le grand public à se passionner pour la fin de saison de Coupe du monde de Clément Noël et des Bleus. La déception est palpable dans le camp français, qui devra se reconstruire après ces Jeux décevants pour le ski alpin masculin.



