Johannes Klaebo, le prodige norvégien qui domine le ski de fond mondial
Sur une vidéo familiale aux images légèrement tremblantes, un jeune enfant d'à peine trois ans fait ses premiers pas sur la neige. « Je skie ! », s'exclame le petit garçon aux cheveux blonds. Déjà, ses parents ont du mal à le suivre. « Il va si vite », entend-on en voix off, avec un mélange de fierté et d'étonnement. Ce garçonnet, aujourd'hui âgé de vingt-neuf ans, continue d'aller « si vite » que nul skieur ne peut égaler son extraordinaire palmarès.
Une quête olympique sans précédent
Johannes Hösflot Klaebo, surnommé « le Roi », ne s'est pas rendu aux Jeux olympiques de Milan-Cortina avec l'intention de remporter une simple médaille. Il vise un objectif bien plus ambitieux : six médailles d'or, soit la totalité des titres mis en jeu en ski de fond. Cette collection comprend les épreuves de style classique et libre, en sprint comme en longue distance.
Dimanche 8 février, sur la piste de Tesero dans le Trentin-Haut-Adige, « le Roi » à la mèche impeccable a entamé son projet herculéen en décrochant l'or au skiathlon, devançant le Français Mathis Desloges. Cette première course marquait le début d'un programme chargé pour celui qui était déjà quintuple champion olympique, avec deux titres en 2022 et trois en 2018.
Un record historique battu
Cette performance constitue également la première étape vers le dépassement du record de huit titres aux Jeux d'hiver, une spécialité norvégienne détenue jusqu'alors par ses compatriotes Marit Bjoergen, Bjorn Daehlie en ski de fond et Ole Einar Bjoerndalen en biathlon. Lors de l'épreuve de sprint du mardi 10 février, Johannes Klaebo a égalé ce record. Puis, dimanche 15 février, il en a profité du sacre de la Norvège lors du relais pour le surpasser, s'inscrivant un peu plus profondément dans la légende du sport mondial.
Des origines familiales déterminantes
Au début de l'hiver, un documentaire sobrement intitulé Klaebo est sorti dans les salles de cinéma norvégiennes. Ouvrant sur cette vidéo familiale emblématique, le film retrace le destin exceptionnel de ce champion, pur produit scandinave élevé en plein air et par tous les temps, ayant consacré sa vie entière à son sport. Son entourage familial joue un rôle crucial, à la fois à son service et comme première source de pression.
Son grand-père, Kare Hösflot, qui s'est beaucoup occupé de lui pendant que son père Haakon luttait contre une leucémie, continue depuis la Norvège à lui prodiguer des conseils par téléphone. Quant à Haakon, silhouette familière sur le circuit international, il accompagne son fils environ cent cinquante jours par an. Cette proximité constante génère parfois des tensions et des colères froides, révélant la complexité des relations au sein de cette équipe technique dévouée.
Les parents du champion, autrefois simples spectateurs de ses exploits enfantins, se sont transformés en une véritable équipe technique entièrement dédiée à son service. Cette évolution reflète l'engagement total de la famille Klaebo dans la quête de l'excellence sportive, faisant de Johannes Klaebo non seulement un athlète d'exception mais aussi le produit d'un écosystème familial unique dans le monde du sport d'élite.



