Le biathlon français en route vers un record historique de médailles olympiques
Avec déjà quatre médailles glanées sur sept possibles en seulement trois courses, le biathlon français nourrit de grandes ambitions pour ce week-end décisif. Les Bleus, forts de leurs cadres en excellente condition physique, d'une densité remarquable au sein de l'équipe et de rivaux pour l'instant peu inspirés, rêvent d'une véritable razzie de podiums.
Une tradition de succès qui se perpétue
Depuis 2006, la France s'est régulièrement maintenue autour du top 10 du tableau des médailles aux Jeux olympiques d'hiver, une performance due en grande partie au biathlon. Cette discipline est en effet le plus grand pourvoyeur de médailles tricolores lors des cinq éditions précédentes. Le patron du biathlon français, Stéphane Bouthiaux, a exprimé son espoir d'atteindre un bilan compris entre cinq et sept médailles, ce qui égalerait le record absolu établi à Pékin en 2022.
Après seulement trois courses, les Bleus ne sont plus qu'à trois longueurs de cette épopée chinoise. Cette performance s'explique notamment par la grande forme physique des cadres tricolores. « En jouant sur la fraîcheur, notre stratégie de préparation en vue de ces Jeux était optimale. On a des gars qui sont vraiment très en forme. Et ça va encore s'améliorer sur les courses à venir », a prévenu l'entraîneur des Bleus Simon Fourcade.
Un week-end chargé à Anterselva
Le programme du week-end s'annonce particulièrement dense à Anterselva, site olympique du biathlon situé à 1 600 mètres d'altitude. Quatre épreuves sont au programme :
- Le sprint hommes (10 km) vendredi
- Le sprint femmes (7,5 km) samedi
- Les poursuites masculine (12,5 km) et féminine (10 km) dimanche
Au total, douze médailles seront distribuées lors de ces compétitions, offrant de multiples opportunités aux athlètes français.
Des femmes en or et des hommes déterminés
Chez les femmes, Julia Simon et Lou Jeanmonnot, respectivement médaillées d'or et d'argent mercredi dans l'individuel (15 km), constituent les grands espoirs tricolores. Elles avaient déjà monté ensemble, avec Éric Perrot et Quentin Fillon Maillet, sur la plus haute marche du podium pour le titre olympique du relais mixte. Les Françaises ont même frôlé un mémorable triplé mercredi, qui s'est joué sur la 20e et dernière balle de Camille Bened, manquée d'un rien pour une sixième place finale.
Chez les hommes, Éric Perrot a décroché mardi sa première médaille individuelle dans le 20 km, réalisant ainsi un rêve d'enfance. Pourtant, le jeune compétiteur était presque déçu de n'obtenir que l'argent. « L'an dernier aux Championnats du monde, Éric avait annoncé vouloir venir chercher un titre. Il obtient le bronze dans la poursuite, mais ça ne lui a pas suffi. Il est allé chercher l'or sur l'individuel quelques jours après. Là, on est exactement dans la même configuration. Il va avoir envie d'aller chercher l'or dans les courses à venir », analyse Simon Fourcade.
Si Quentin Fillon Maillet a terminé huitième mercredi avec quatre fautes, il a signé le meilleur temps de ski, démontrant une glisse exceptionnelle. Cet atout majeur de l'équipe de France lui permet de survoler les courses depuis le début de la quinzaine olympique. « J'étais au-dessus du lot en termes de glisse et les techniciens ont une très grosse part de responsabilité dans ma capacité à aller chercher cette médaille d'argent », a résumé Lou Jeanmonnot, qui ne sera « fière » de ses Jeux que lorsqu'elle aura réalisé « une course à 100 % ».
Des rivaux en difficulté
Dans la station des Dolomites, les principaux rivaux des Bleus semblent en difficulté avec des entrées en matière complètement manquées. Tommaso Giacomel et Lisa Vittozzi ont par exemple été perdus sur le pas de tir, tandis que les sœurs suédoises Hanna et Elvira Oeberg n'avancent pas sur les skis comme prévu. Seul le Norvégien Johan-Olav Botn a répondu présent chez les hommes en décrochant le titre olympique de l'individuel avec un sans-faute, ainsi que l'Allemande Franziska Preuss, dont les deux balles manquées dans le dernier tir mercredi lui ont coûté la médaille.
Cette configuration favorable, combinée à la forme éclatante des biathlètes français, laisse entrevoir un week-end exceptionnel pour le biathlon tricolore, qui pourrait bien écrire une nouvelle page de son histoire olympique.



