Romain Grosjean : 'Attendons les premières courses pour juger les nouvelles F1'
Grosjean prône la patience face aux nouvelles F1 2026

Romain Grosjean appelle à la patience face à la révolution technique de la Formule 1

Alors que le premier Grand Prix de la saison 2026 se profile à Melbourne ce 8 mars, l'ancien pilote de Formule 1 Romain Grosjean, désormais consultant pour Canal+, livre une analyse nuancée des nouvelles monoplaces. Le Français, qui dispute également le championnat IndyCar avec l'écurie Dale Coyne Racing, estime qu'il faudra attendre plusieurs courses avant de pouvoir juger ces voitures révolutionnaires.

Un regard d'expert sur l'évolution technique

Romain Grosjean possède une perspective unique pour comparer les différentes générations de Formule 1. Cinq ans après son terrible accident à Bahreïn au volant d'une Haas F1, et après avoir récemment testé la Haas VF-23 devenue musée, il relativise les critiques adressées aux précédentes monoplaces.

"Ce sont quand même des voitures qui ont produit de belles courses", rappelle-t-il depuis sa résidence floridienne. "Elles nous ont offert un super championnat 2025 avec une belle bagarre entre les McLaren et Max Verstappen. Certes, ces voitures étaient énormes avec un problème de taille évident - quand je suis remonté dans la Lamborghini SC63 une semaine après mon essai de la Haas, elle me paraissait toute petite ! Mais en termes de performances et d'aérodynamique, elles étaient assez hallucinantes dans les virages rapides."

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Le défi des dépassements et du freinage

L'ancien pilote de Renault, Lotus et Haas observe avec curiosité le nouveau système d'ailerons mobiles qui remplace le DRS traditionnel. "Fondamentalement, ce dont un pilote a besoin pour dépasser, ce sont un différentiel d'adhérence entre les deux voitures, un gros freinage et une zone de freinage un peu plus longue", explique-t-il.

Grosjean développe un calcul éloquent : "Plus la voiture a d'adhérence, plus le freinage se réduit. 10% de 200 mètres, c'est 20 mètres, tandis que 10% de 50 mètres, ce n'est que 5 mètres. Le calcul est simple : il est beaucoup plus facile de chercher 20 mètres que 5 !"

Une révolution technique à apprivoiser

Avec 30% d'appui aérodynamique en moins et 55% de réduction de la traînée, les distances de freinage devraient théoriquement s'allonger, permettant aux monoplaces de se suivre de plus près. Mais Grosjean reste prudent : "Les premiers retours des pilotes n'ont pas été forcément super positifs. Melbourne est toujours un peu spécifique, attendons les trois ou quatre premières courses de l'année pour juger. C'est un changement si important que les équipes vont peu à peu comprendre comment faire fonctionner ces nouvelles voitures."

Le consultant pointe notamment la complexité de la gestion de l'énergie électrique, avec une puissance provenant pour moitié du moteur thermique et pour moitié du moteur électrique. "La batterie ne suffit pas à parcourir un tour complet à pleine puissance. Les pilotes devront donc choisir avec soin les endroits où ils utiliseront cette énergie", précise-t-il.

Le défi de la compréhension pour les fans

Romain Grosjean reconnaît que ces changements techniques pourraient rendre les courses plus difficiles à suivre pour le public. "Oui, il y a de grandes chances qu'on rende la course plus difficile à lire. À nous, commentateurs et consultants, d'essayer d'avoir les meilleurs graphiques, d'expliquer et de faire comprendre ce qui se passe en piste !"

Nostalgique des sensations d'antan, le Français confie : "Si ça ne tenait qu'à moi, on mettrait des V10 qui prennent 20 000 tours minute et qui 'crient', avec de l'essence bio !" Ayant connu l'époque des V8 atmosphériques chez Renault et Lotus, il garde cependant un regard résolument tourné vers l'avenir de la discipline.

Pour Canal+, où il commentera une dizaine de Grands Prix cette saison aux côtés de Julien Fébreau, Grosjean devra donc relever le défi de rendre accessible cette nouvelle ère technique aux téléspectateurs, tout en poursuivant sa carrière en IndyCar aux États-Unis.

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