La ministre des Sports saisit la justice sur des pratiques à la FFSA
La ministre des Sports, Marina Ferrari, a annoncé mardi avoir officiellement saisi la justice concernant ce qu'elle qualifie de « plusieurs pratiques internes » au sein de la Fédération française du sport automobile (FFSA). Ces pratiques, qui incluent notamment « l'attribution de subventions », soulèvent selon elle de « sérieuses interrogations quant à leur conformité » avec la réglementation en vigueur.
Révocation du président Pierre Gosselin
Cette annonce ministérielle intervient le même jour que la révocation du président de la FFSA, Pierre Gosselin, lors d'une assemblée générale extraordinaire. La fédération a indiqué dans un communiqué que cette décision a été « décidée avec 70 % des voix », sans toutefois préciser les motifs exacts de cette révocation.
Pour assurer la continuité de la gestion, « un administrateur provisoire a été désigné en la personne de Jean-Luc Roger, président de la Ligue du sport automobile Centre-Val de Loire ». Cette mesure est présentée comme transitoire, en attendant la tenue d'une assemblée générale « élective » prévue le 22 avril prochain.
Conflits internes et accusations réciproques
La situation au sein de la FFSA était déjà tendue depuis plusieurs semaines. Début mars, Pierre Gosselin, en poste depuis fin 2024, avait annoncé avoir porté plainte au pénal contre ses prédécesseurs. Il évoquait alors des « agissements suspects » et déclarait avoir « acquis la certitude d'avoir hérité d'un système de gouvernance opaque et illégal ».
« Je ne sais pas ce que les inventeurs de ce système ont voulu cacher, mais force m'est de constater que cette gouvernance crée des zones d'ombre, des décisions et des flux financiers qu'il revient urgemment à la Fédération et à l'État d'éclaircir », avait-il affirmé. Il ajoutait que « des risques de gestion de fait, de conflits d'intérêts et d'avantages indus pèsent sur notre gestion passée ».
De leur côté, les opposants à Pierre Gosselin avaient annoncé le dépôt d'une plainte collective contre lui pour « abus de confiance, détournement de fonds et dénonciation calomnieuse ». Selon des informations du quotidien L'Équipe, ils affirmaient notamment que le président aurait perçu « sans autorisation » au premier semestre 2025 une rémunération non validée par l'Assemblée et non remboursée, ce qui le placerait selon eux « dans une situation d'illégalité manifeste ».
Double action ministérielle : justice et inspection
Face à cette situation complexe, la ministre des Sports a décidé d'agir sur deux fronts. D'une part, elle a saisi « le procureur de la République sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale ». Cet article stipule que toute autorité qui acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit doit en informer sans délai le procureur.
D'autre part, Marina Ferrari a « décidé de diligenter une inspection générale afin d'établir un diagnostic du fonctionnement et de la gouvernance de la fédération ». Le rapport final de cette inspection est attendu « d'ici juin » et devra selon elle « permettre de tirer toutes les conséquences nécessaires sur le plan administratif et de proposer, le cas échéant, les mesures correctives appropriées ».
Vigilance ministérielle renforcée
La ministre a également fait part de sa détermination à suivre de près l'évolution de la situation. « Dans l'attente des conclusions de l'inspection générale et des suites judiciaires », elle a affirmé qu'elle serait « particulièrement attentive à ce que la fédération prenne toutes les mesures nécessaires pour garantir une gouvernance conforme aux règles, une gestion transparente des financements publics et une prévention effective des conflits d'intérêts ».
Cette affaire met ainsi en lumière les tensions internes au sein d'une fédération sportive majeure, tandis que les autorités publiques interviennent pour rétablir la transparence et la conformité aux règles de gestion des fonds publics.



