Kimi Antonelli, 19 ans, devient le plus jeune leader de la F1 après sa victoire au Japon
L'Italien Kimi Antonelli (Mercedes), âgé de seulement 19 ans, a écrit une nouvelle page de l'histoire de la Formule 1 ce dimanche en devenant le plus jeune leader du championnat du monde des pilotes. Sa victoire au Grand Prix du Japon, devant l'Australien Oscar Piastri (McLaren) et le Monégasque Charles Leclerc (Ferrari), lui permet de remporter son deuxième succès consécutif et de chipper la première place du général à son coéquipier britannique George Russell.
Un prodige qui confirme son statut
Le jeune Italien, qui n'en est qu'à sa troisième course cette saison après des victoires en Chine et une participation en Australie, conforte son statut de prodige de la discipline reine du sport automobile. Il supplante ainsi George Russell, 28 ans, qui s'était autoproclamé favori pour le titre mondial en début de saison, dans un contexte de réglementation technique sur les moteurs hybrides et l'aérodynamique entièrement remise à plat.
Russell a terminé seulement quatrième sur le très exigeant circuit de Suzuka, devant 130 000 fans japonais et étrangers, sous un temps radieux et sec. Il compte désormais neuf points de retard sur Antonelli au classement général.
La chance tourne en sa faveur
Après un départ catastrophique qui l'a fait glisser à la sixième place au premier virage, Antonelli a reconnu avoir bénéficié d'une certaine "chance" par rapport à ses rivaux Piastri, Leclerc et Russell. En effet, contrairement à eux, il ne s'était pas encore arrêté au stand pour changer ses pneus lorsque la voiture de sécurité est entrée en piste à mi-course.
Cette intervention a été provoquée par le violent accident de la Haas du Britannique Oliver Bearman, qui s'en est tiré sans fracture mais avec une contusion au genou. Russell et Piastri, eux, étaient rentrés aux stands juste avant l'apparition de la safety car, ce qui a désavantagé leur stratégie.
"Cela aurait été vraiment intéressant de voir ce qui se serait passé sans" cette voiture de sécurité, a d'ailleurs relevé l'Australien Oscar Piastri, qui hisse une McLaren sur le podium pour la première fois cette saison. Jusqu'ici, il n'avait pas réussi à terminer un seul tour en course lors des Grands Prix d'Australie et de Chine en mars.
Une Mercedes hégémonique
Derrière les Mercedes, qui apparaissent hégémoniques en ce début de saison, les Ferrari de Charles Leclerc et du septuple champion du monde britannique Lewis Hamilton tentent péniblement de suivre le rythme depuis trois courses.
"On n'a pas eu de chance avec la voiture de sécurité, donc j'ai été en retard [...] mais l'impression n'est pas mauvaise", a commenté Leclerc, ajoutant avoir trouvé "la course amusante" avec de nombreux dépassements facilités par la nouvelle réglementation technique.
Le champion du monde en titre, le Britannique Lando Norris (McLaren), termine cinquième, juste devant son compatriote Lewis Hamilton. Quant au quadruple champion du monde Max Verstappen (Red Bull), qui ne cesse de critiquer sa voiture qu'il compare à de la "Formule E (électrique) sous stéroïdes" et au jeu vidéo "Mario Kart", il se contente d'une modeste huitième place.
Performances françaises mitigées
Côté français, Pierre Gasly confirme son très bon début de saison. Septième à Suzuka après avoir résisté au retour de Verstappen, le Rouennais (huitième au général) porte sur ses épaules le renouveau d'Alpine, désormais équipée d'un moteur Mercedes, dans la catégorie reine du sport automobile.
De son côté, après avoir navigué autour du dixième rang avant l'intervention de la voiture de sécurité, Isack Hadjar (Red Bull) achève la course à une anonyme douzième place, loin des espoirs placés en lui.
Perspectives pour la suite de la saison
Suite à l'annulation des Grands Prix de Bahreïn et d'Arabie saoudite en raison du conflit au Moyen-Orient, la prochaine manche du championnat aura lieu début mai à Miami. Le patron de Ferrari, le Français Fred Vasseur, espère que son écurie aura suffisamment progressé d'ici là pour entrevoir "un autre championnat" face à la domination écrasante de Mercedes.
Antonelli, quant à lui, reste mesuré malgré sa position de leader : "Il est trop tôt pour penser au championnat mais nous sommes en bonne voie", a déclaré le protégé de Toto Wolff, posé et souriant devant la presse après sa victoire. Le jeune Italien, qui avait déjà été en Chine le plus jeune poleman de l'histoire de la F1, a crié de joie au volant de sa très performante Mercedes à l'arrivée, affirmant à son équipe que "le rythme était incroyable".



