Un derby de Fédérale 1 aux enjeux diamétralement opposés
Le stade Gaston-Simounet de Bergerac a vibré, samedi 21 mars, pour un affrontement capital entre l'USB Bergerac et le CAS Sarlat. Ce derby périgourdin, arbitré par M. Lhuillier devant environ 2 000 spectateurs, avait une saveur particulière : les visiteurs sarladais visaient le podium de Fédérale 1, tandis que les locaux bergeracois se battaient pour leur maintien dans l'antichambre du rugby professionnel.
Une première mi-temps à rebondissements
Dès le coup d'envoi, Sarlat a imposé sa densité physique et son rythme de jeu. Solides en défense et dominateurs dans les phases de conquête, les hommes du Périgord noir ont poussé Bergerac à la faute. L'ouvreur Enzo Mathé, après un premier échec, a parfaitement converti deux pénalités, donnant un avantage de 0-6 à son équipe à la 18e minute.
Malgré une bonne tenue en mêlée et quelques temps forts offensifs, Bergerac peinait à enchaîner les phases et perdait trop de ballons. La charnière sarladaise, composée de Théo Lagarde et Tristan Bel, a brillé. Sur une percée de 40 mètres de Bel, Lagarde a conclu l'action en aplatissant entre les perches, portant le score à 0-13 à la 27e minute.
Pourtant, l'espoir renaissait pour les Noir et Blanc. L'inévitable troisième ligne centre Clément Rouget a inscrit un premier essai en crochetant les derniers défenseurs. Juste avant la mi-temps, et profitant d'une supériorité numérique après l'exclusion temporaire du capitaine sarladais Pierre Rousserie, Rouget a récidivé en passant en force. Bergerac menait ainsi d'un point à la pause (14-13).
Le pied décisif d'Enzo Mathé scelle le destin du match
Dès la reprise, Sarlat a repris l'initiative. Sur une superbe action collective, l'attaque a placé Enzo Mathé en surnombre, permettant à l'ailier de marquer dans le coin et de redonner l'avantage à son équipe (14-20, 42e). Les coaches sarladais ont ensuite densifié leur pack avec l'entrée d'un banc de remplaçants puissant, contrant efficacement les tentatives bergeracoises.
L'USB n'a pas abdiqué. Sur un lancer en touche astucieux d'Hubert Castagnier, le pilier Jeancel Hemilembolo a récupéré le ballon pour inscrire un essai opportuniste, remettant les siens en tête (21-20, 51e). Profitant à nouveau d'une supériorité numérique, Bergerac a pilonné mais l'ouvreur Matthieu Serre a manqué une pénalité cruciale.
Cette occasion manquée s'est avérée fatale. Sarlat est revenu dans le camp adverse et a multiplié les phases de jeu dans les 40 mètres bergeracois. La défense locale, bien organisée, a tenu bon mais a fini par commettre une faute. Sous la pression et malgré quelques sifflets hostiles, Enzo Mathé est resté imperturbable et a transformé la pénalité décisive à la 75e minute (21-23). La dernière offensive bergeracoise s'est soldée par un en-avant, scellant la victoire sarladaise.
Un bilan aux conséquences majeures pour les deux clubs
Cette victoire permet au CAS Sarlat de se maintenir solidement dans la course au podium de Fédérale 1, atteignant ainsi son objectif saisonnier. Pour l'USB Bergerac, la défaite est amère. Avec le point de bonus défensif obtenu, l'équipe se retrouve dans une situation extrêmement périlleuse pour le maintien.
La victoire inattendue de Lourdes à Cahors (29-31) complique encore un peu plus le tableau. Bergerac est désormais obligé d'aller chercher impérativement le maintien, soit dimanche 29 mars à Soustons, soit samedi 4 avril à Tulle. Le couteau est sous la gorge pour les hommes de Renaud Delmas et Rémi Escudier, qui devront montrer un autre visage pour se sauver.
Ce derby a donc tenu toutes ses promesses, offrant un rugby intense et engagé, avec son lot d'exploits individuels et de retournements de situation. Il a surtout dessiné le destin de deux clubs aux ambitions différentes, mais dont l'engagement fut total pendant 80 minutes.



