Thomas Ramos, l'influenceur incontesté du rugby français et mondial
Comme au Stade Toulousain, Thomas Ramos exerce une influence considérable sur le jeu de l'équipe de France, où il est devenu un élément indiscutable depuis plus de trois ans. « Le meilleur des meilleurs », selon Ronan O'Gara. « Le meilleur joueur du monde », aux yeux de Christian Labit. Les managers rochelais et perpignanais ne tarissent pas d'éloges à son sujet.
Une performance exceptionnelle qui suscite les louanges
La performance réalisée par l'arrière du XV de France face à l'Irlande (36-14), et plus globalement son niveau constant depuis plus de trois ans, en club comme en sélection, justifient pleinement ces éloges. Au point de le placer au sommet de la hiérarchie mondiale ? Le débat reste ouvert, teinté de chauvinisme, de culture de l'instant, et des difficultés inhérentes à la comparaison entre différents postes.
À titre d'exemple, le poste de talonneur est occupé par le Springbok Malcolm Marx, désigné joueur de l'année 2025. Sans trancher cette question éternelle, on peut considérer que le Toulousain, élu dans l'équipe « monde » de World Rugby en 2023, dispute au minimum le titre de meilleur arrière de la planète au Sud-Africain Damian Willemse et au Néo-Zélandais Will Jordan.
Une polyvalence technique hors norme
Thomas Ramos remplit d'abord les missions fondamentales de son poste avec une maîtrise remarquable : couverture du terrain sur les jeux au pied adverses, longueur et précision de son propre jeu au pied, capacité à relancer ballon en main face aux rideaux défensifs. S'il n'est pas le meilleur sous les ballons hauts (mesurant 1,78 mètre), son timing exceptionnel lui permet souvent de compenser ce désavantage.
Contre l'Irlande, il a été irréprochable, y compris lors de la réception d'une chandelle retombant juste devant ses poteaux, sous la pression intense d'un adversaire. Mais son influence dépasse largement ces aspects techniques.
Une influence systémique et un leadership naturel
Voir un arrière se transformer occasionnellement en deuxième ouvreur n'a rien d'original. Avec Thomas Ramos, cette transformation prend une dimension « systémique ». Fabien Galthié parle ainsi de « charnière à trois ». « Il a une palette technique hors norme qui lui permet d'être polyvalent et à l'aise dans toutes les situations », admire l'ancien trois-quarts international Christophe Lamaison.
L'entraîneur de l'attaque tricolore, Patrick Arlettaz, vante sa « hauteur d'analyse » qui le rend « très important » dans l'organisation du jeu. Si Thomas Ramos n'est le capitaine ni des Bleus ni de Toulouse, il en est incontestablement l'un des patrons, celui qui tient un groupe sur le terrain, qui dirige, hurle, réprimande.
Un compétiteur-né au caractère affirmé
Autant à l'entraînement qu'en match, son leadership s'exprime pleinement. « J'aime placer les joueurs, les aider quand ils sont dans le dur en défense. Du coup, je parle beaucoup », expliquait-il à Sud Ouest à l'automne dernier. « Je sais que je suis dur parfois avec mes coéquipiers. Mais c'est toujours pour l'équipe. Même si je le fais parfois d'une mauvaise façon et que je m'en excuse. »
Ce compétiteur-né n'hésite pas non plus à « brancher » ses adversaires, souvent gratuitement, juste pour entrer dans leur tête, quitte à renvoyer l'image du joueur que l'on adore... ou que l'on déteste, selon le camp où l'on se trouve. « Il a un gros caractère, et surtout on voit un gars qui sait où il veut aller. Un joueur qui a la confiance de tout le monde », note Lamaison.
Une carrière impressionnante et des records historiques
Il ne s'assoit guère sur le banc des remplaçants. S'il ne s'est installé comme titulaire chez les Bleus qu'à l'automne 2022, il a depuis débuté tous les matchs de Tournois et de tournées d'automne, avec une seule rencontre commencée comme remplaçant, contre l'Uruguay pendant la Coupe du monde. La concurrence paraît bien loin, et c'est aussi parce qu'il est largement au-dessus des autres à son poste que l'option Matthieu Jalibert s'est immédiatement imposée pour remplacer Romain Ntamack sur ce Tournoi.
À déjà 30 ans, et en raison d'une installation tardive comme titulaire, il ne compte « que » 48 sélections, ce qui le place tout de même au septième rang des arrières français les plus capés. Le record de Serge Blanco (93) paraît inatteignable. Mais il détient son propre record : à défaut d'enchaîner les essais (7 seulement), ce buteur fiable (84 % de réussite) est, avec 500 points, le meilleur réalisateur de l'histoire de l'équipe de France.



