Le SAR Rugby Rochefort sur le chemin de la rédemption
Bientôt un an se sera écoulé depuis que le club de rugby de la cité de Colbert a été relégué administrativement en Fédérale 3. Cette décision inattendue a constitué une pilule particulièrement difficile à avaler pour l'ensemble des joueurs et du staff rochefortais. Après des mois d'efforts et de reconstruction, les Rouge et Noir sont désormais en position de décrocher un billet précieux pour les phases finales du championnat.
Une qualification presque assurée pour les barrages
Franco Pani, le manager général du SAR, confirme avec assurance : « Nous sommes certains de disputer le tour de barrage. Ce sera face au quatrième ou au cinquième de la poule 8. » Mais l'ambition des Rochefortais ne s'arrête pas là. S'ils parviennent à terminer la phase régulière parmi les trois premiers de leur poule, ils obtiendront un ticket direct pour les 32e de finale, évitant ainsi l'étape des barrages.
Cette perspective représente une belle revanche pour le club. « C'est une belle réponse que nous renvoyons à ceux qui nous voyaient déjà au fond du trou », souligne Franco Pani, ancien joueur du Stade Rochelais. Lorsqu'il est arrivé à Rochefort, la tâche s'annonçait considérable. Bien que les entraîneurs précédents, Matthieu De Pauw et Julien Audy, aient accompli un excellent travail, il fallait avant tout se faire accepter par l'ensemble du groupe.
Un début de saison laborieux
« Les gars ne me connaissaient pas. Mon arrivée les a mis en alerte. Il a fallu être patient », explique le manager. Le travail a débuté par une préparation physique intensive pour faire face à une saison qui s'annonçait particulièrement compliquée. Dans la poule 13 de Fédérale 3, le SAR retrouvait des équipes maritimes déterminées comme Saintes et Royan, qui jouaient leur survie, ainsi que Puilboreau, qui lorgnait sur une montée au niveau supérieur.
Sans oublier les formations girondines aux dents longues. Toutes ces équipes nourrissaient l'ambition de se payer la tête du club qui redescendait d'une division supérieure. Cette pression s'est ressentie en début de saison, où les premiers matches se sont révélés poussifs et où le SAR a éprouvé des difficultés à trouver ses marques.
La prise de conscience et l'envolée
« Il fallait que les garçons prennent conscience de leur potentiel », analyse Franco Pani. « Certains d'entre eux arrivaient de niveau inférieur – plusieurs joueurs ont rejoint Rochefort après la défection de La Tremblade –, d'autres sont issus de la réserve. » Le staff a donc exigé un travail considérable de ses joueurs, n'hésitant pas à se montrer dur à certains moments lorsque cela était nécessaire.
Mais au début de l'année, les efforts ont commencé à porter leurs fruits. Les Rochefortais ont enchaîné six victoires consécutives, une série impressionnante qui les place actuellement à la troisième position de leur poule. « Tout le groupe prend du plaisir et arrive à l'entraînement et en match avec la banane », se réjouit le manager général.
Deux rencontres décisives à venir
Il reste désormais deux journées de championnat, et pas des moindres. Un déplacement à Parthenay ce week-end, contre un adversaire direct pour une place en phase finale, puis la venue de Puilboreau le 5 avril. « Ce sera deux semaines intenses », confie Franco Pani, « mais il faut récolter le maximum de points. »
Une inconnue subsiste cependant : certains matches n'ont pu être joués à cause des intempéries de l'hiver et feront l'objet d'une péréquation sur tapis vert. Cette situation échappe au contrôle des hommes du président Parnaudeau. Mais quelle que soit l'issue de ces ajustements, le SAR se prépare à un printemps ensoleillé sur les terrains.
« On va retrouver le rugby des pâquerettes ! », concluait avec optimisme l'un des coaches, Arnaud LeSaout, après la victoire face à Blaye début mars. Une expression qui résume bien l'état d'esprit positif et combatif qui anime désormais le club rochefortais, bien décidé à transformer son année de relégation en une saison de réussite sportive.



