Rugby : Le demi de mêlée surmonte sa blessure et vise la continuité avec La Rochelle
Malgré une entorse improbable subie en Écosse, le demi de mêlée a pu jouer soixante-dix minutes face à Pau, le 21 mars. Et compte bien enfin enchaîner, alors que La Rochelle ira défier Bayonne à Saint-Sébastien ce samedi (21 heures).
Une étincelle de printemps pour l'équipe
Sentez-vous qu’une étincelle s’est allumée à l’arrivée du printemps ? Une étincelle, je ne sais pas. En tout cas, il y a un peu plus d’énergie, c’est lié aux résultats mais aussi au fait qu’on a rentré pas mal de joueurs à l’entraînement et dans la vie du groupe. Il y a des sourires, de la bonne humeur.
Battre le deuxième du Top 14 (avant la 19e journée) était-il une bonne chose pour la confiance ? Forcément. Après, comme on ne regarde pas forcément le classement, on voulait surtout gagner à la maison, en sachant que Pau est une belle équipe, venue presque au complet. Maintenant, on passe à Bayonne, et ça serait une erreur de s’arrêter sur ce dernier match car on a beaucoup de choses à travailler.
Infirmerie : Des nouvelles mitigées
Les nouvelles ne sont pas très bonnes pour la cheville d’Ugo Pacome, puisque les ligaments sont touchés après sa blessure face à Pau. L’arrière doit encore passer des examens. En revanche, Ulupano Seuteni et Kirill Fraindt sont en phase de reprise, tout comme Judicaël Cancoriet. Touché à la pommette, Grégory Alldritt, lui, a été ménagé en début de semaine mais, selon Rémi Talès, le capitaine postule pour le déplacement à Saint-Sébastien.
Que vous inspire Anoeta, le stade de Saint-Sébastien où est délocalisé le match face à l’Aviron, et où La Rochelle avait pris une leçon la saison passée ? Je n’étais pas là, mais j’ai déjà joué dans ce stade, un bel endroit pour jouer au rugby et qui ne sera pas loin d’être plein. On connaît la ferveur du public bayonnais, même si je pense qu’il y aura aussi un peu de supporters rochelais, donc toutes les conditions sont bonnes pour qu’il y ait un beau match et qu’on prenne du plaisir.
Concentration sur la fin de saison
« Je suis vraiment concentré sur cette fin de saison. Il y a encore plein d’objectifs à aller chercher »
De l’extérieur, on sent que vous êtes très vite devenu l’un des patrons de l’équipe… Ce n’est pas trop à moi de répondre à cette question mais ce que je peux dire, c’est que je suis vraiment intégré dans cette équipe, dans ce club. Malheureusement, un ou deux pépins physiques ont fait que je n’ai pas enchaîné comme j’aurais pu, je n’ai pas pu m’exprimer autant que j’aurais voulu mais à chaque fois que je suis sur le terrain, je prends beaucoup de plaisir à jouer dans cette équipe. Là, c’est une période un peu plus positive pour nous, mais je n’ai jamais caché le fait que je prenais du plaisir et que je croyais en cette équipe. C’est pourquoi je suis hyper excité pour cette fin de saison, j’espère qu’on pourra amener encore beaucoup de rythme et cette animation offensive qui doit nous caractériser, qu’on développe, qui n’est pas encore parfaite dont je pense qu’à terme, elle sera efficace.
Gestion des blessures et mentalité
Vos pépins physiques vous ont aussi empêché de pleinement postuler pour le Tournoi des Six-Nations. Comment l’avez-vous vécu ? Ce n’est pas facile, honnêtement. L’historique, c’est que je me blesse juste après avoir joué contre l’Afrique du Sud (à un ischio, en novembre, NDLR). Après, je suis revenu assez vite pour la Coupe d’Europe, chez le Leinster, où j’étais plutôt en forme mais où je reprends un petit pépin (toujours à l’ischio, NDLR). On court un peu après le temps, ça fait aussi partie de la vie d’un sportif mais ce n’est pas facile de voir les copains jouer, en club ou en équipe de France. Même s’ils ont été super performants et que j’étais le plus heureux pour eux pendant le Tournoi. J’y ai goûté en revenant, et en me faisant un petit pépin (à la cheville). Ce sont un peu des hauts et des bas mentalement. Ce qui est frustrant, aussi, c’est qu’à chaque fois que j’ai pu être sur le terrain, je me sentais plutôt bien. C’est derrière moi, maintenant, je suis vraiment concentré sur cette fin de saison. Il y a encore plein d’objectifs à aller chercher.
« L’année dernière, j’ai joué 34 matchs… Peut-être que mon corps a qu’il fallait mettre sur pause »
Vous êtes-vous interrogé sur cet enchaînement de blessures ? Je me suis beaucoup questionné sur pourquoi ça arrive maintenant ; quand on fait le décompte, l’année dernière, j’ai joué 34 matchs… Peut-être que mon corps a qu’il fallait mettre sur pause. On a beau essayer de tout contrôler, parfois le corps met un petit frein. Mais là, je pense que je suis bien.
Professionnalisme et anecdotes
Avant Pau, Ronan O’Gara louait votre professionnalisme après votre dernière blessure… Je pense qu’il parlait du fait que quand je suis revenu de l’équipe de France, j’avais une entorse pas très grave, j’avais une botte et je ne marchais pas, mais je leur ai dit direct que je pensais jouer pour Pau. Au début, ils ne m’ont pas trop cru. Après, on a fait le nécessaire avec le staff médical pour que ça soit envisageable. Au final, j’ai pu jouer presque un match entier. Si vous aviez vu ma cheville cinq jours avant (sourire)… ce n’était pas top. C’est peut-être pour ça qu’il a dit ça. C’est sûr que quand on a l’habitude de beaucoup jouer plusieurs saisons et que d’un coup, on enchaîne un ou deux pépins, on se pose des questions, c’est humain. C’est un mixte, parce qu’on veut reprendre vite, et on veut reprendre bien.
Pouvez-vous nous raconter ce qui s’est passé en Écosse, lorsque vous vous êtes fait cette entorse ? Pendant l’échauffement, j’ai réceptionné un ballon au bord du terrain, à 4 ou 5 mètres, où il y avait un boîtier pour un plateau télé. J’ai marché dessus. C’était comme si j’avais marché sur le pied d’un copain, mais c’était du matériel. C’est énervant mais ça fait partie du décor de ces matchs. Ce ballon allait sur le plateau télé, je n’aurais pas sauté dessus mais je voulais essayer de changer un peu sa trajectoire pour ne pas qu’il casse tout, et voilà. C’est le hasard, au final, ma cheville a récupéré assez vite… Après, beaucoup de choses ont été dites (sourire), ça fait rire les gens, entre guillemets, de balancer des trucs comme ça, mais c’est derrière moi aussi. L’important, c’est le terrain, je fais tout pour que mon corps aille bien.



