Le héros du match France-Angleterre se confie sur son moment décisif
Thomas Ramos, auteur de la pénalité victorieuse qui a offert au XV de France sa deuxième victoire consécutive dans le Tournoi des Six Nations face à l'Angleterre (48-46), revient en détail sur ce moment crucial. Le buteur des Bleus, pour la deuxième année consécutive décisif contre les Anglais, livre les coulisses de cette action qui restera dans les annales du rugby français.
"Ils vont finir par me détester" : la confidence amusée de Ramos
"Je ne sais pas, ce sont eux qui vont me détester à force. Ça fait deux fois, oui", confie Thomas Ramos avec un sourire, faisant référence à ses deux pénalités décisives contre l'Angleterre en 2024 et 2026. Le joueur reconnaît avoir développé une relation particulière avec cette équipe, mais c'est avec humilité qu'il aborde son statut de héros du match.
Le récit minutieux de la dernière pénalité
Le buteur détaille la séquence qui a précédé son coup de pied victorieux : "Déjà, on a su remettre la main sur le ballon. Honnêtement, à la fin du match, on ne pouvait espérer que ça. Soit taper un drop, soit attendre une faute de leur part". C'est en voyant l'avantage sifflé par l'arbitre qu'il prend la décision : "J'ai dit à Toto (Antoine Dupont), 'arrête de jouer, c'est bon : on va taper les points'".
La gestion de la pression dans les moments cruciaux
Interrogé sur son rapport à ces situations extrêmes, Ramos répond avec franchise : "Je vais dire 'on', parce que je ne suis pas seul, je pense. En tant que buteur, on aime parce que le palpitant est à son max". Il décrit l'après-coup comme une "redescente de la pression" qui le met "un peu dans le mou", mais qu'il qualifie malgré tout de "génial".
Les discussions avec l'arbitre et la concentration absolue
Le joueur revient sur les longs échanges avec l'arbitre concernant l'emplacement exact de la pénalité : "On demande une faute de leur pilier qui fait un tête à tête avec Joshua Brennan. Or il nous dit qu'il y a deux marques. Mais plus ça allait, plus il l'a décalée à droite". Face à l'intervention de Maro Itoje, Ramos adopte une stratégie de concentration : "J'ai essayé de me désintéresser un petit peu de tout ça pour rester dans ma bulle".
La philosophie du buteur : simplicité et relâchement
Thomas Ramos explique sa méthode : "À partir du moment où Matthieu (Jalibert) me donne le ballon, et où William Servat m'apporte le tee, je sais ce que je vais faire". Il insiste sur l'importance de "faire abstraction du contexte" et révèle sa philosophie : "Plus de temps vous mettez à la taper, plus de temps tu gamberges. Il vaut mieux y aller". Le secret selon lui ? "Pour bien réussir un coup de pied, il ne faut surtout pas le forcer : j'ai essayé d'être relâché le plus possible".
Une place particulière dans sa carrière
Interrogé sur la place de cette pénalité dans son palmarès, Ramos cite Louis Bielle-Biarrey : "'Tu m'en as mis deux du même endroit en finale de Top 14, il faut me la mettre'". Il conclut avec humour : "Elle aura forcément une place particulière : dans le top 3 et ce ne sera peut-être pas troisième".
L'humilité du collectif et les promesses entre coéquipiers
Malgré son rôle décisif, Ramos reste lucide : "J'ai mis la dernière pénalité, mais je suis aussi assez lucide sur le fait qu'on ne gagne jamais seul. Chacun a fait son travail durant ce Tournoi". Il révèle cependant une promesse amusante : "Charles (Ollivon) m'a promis la moitié de sa prime par contre, donc je l'attends", concluant sur une note légère ce moment historique pour le rugby français.



